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Qui étaient les premiers habitants de l’Amérique ? Longtemps, la réponse à cette question a été claire. Les chercheurs s’accordaient sur la thèse de l’arrivée d’une population de type mongoloïde, venue d’Asie du nord-est (Mongolie, Chine et Sibérie) et passée par le détroit de Béring.

Entre – 50 000 et – 10 000 avant JC, la Terre connaît une ère de glaciation. Le détroit de Béring se constitue et c’est un pont de glace qui relie alors la Sibérie et l’Alaska. C’est par ce pont que les premiers hommes, venue d’Eurasie, sont venus peupler le continent américain. Les paléo-indiens auraient progressé du nord au sud du continent américain sur une période de 1500 ans, entre – 12 000 et – 10 500 avant JC.

Cette thèse repose sur des découvertes anthropologiques. En se basant sur des crânes humains datant de la Préhistoire et retrouvés sur le sol américain, les chercheurs ont pu définir un type morphologique, en déduire en partance de quel continent et à quelle période a eu lieu la première migration.

Mais à partir de cette même méthode, de nouvelles thèses sont venues casser l’idée d’un flux de migration unique. Le squelette Luzia, découvert au Brésil et vieux de 11 000 ans n’est pas de type mongoloïde et correspond plus à celui d’aborigènes australiens. Sur cette découverte s’est développée la thèse selon laquelle une première vague d’habitants sont partis du sud-est asiatique, vraisemblablement de l’Australie, pour arriver vers – 13 500 en Amérique. Autre découverte troublante, celle du squelette de Kennewick, aux Etats-Unis, vieux de 9 000 ans, et qui ne correspond ni au type mongoloïde ni au type aborigène, mais au type indo-européen.

Quoiqu’il en soit, plusieurs millénaires plus tard, lorsque les premiers colons pénètrent sur le continent américain, c’est une grande diversité ethnique qu’ils découvrent. Entre 500 et 600 langues sont recensées, pour une population nord-amérindienne estimée à dix millions d’individus. Certaines langues sont comprises par de nombreuses tribus, d’autres seulement par quelques centaines d’individus. Certains peuples, pourtant voisins, ne se comprennent pas. Par exemple, les Sioux appelaient les Cheyennes « Chayeka », « le peuple d’une langue étrangère ».

principauxpeuplesamericainsUn aperçu des principaux peuples nord-amérindiens

Shoshoni, Pawnee, Shawnee, Delaware, Micmac, Ute, Miwok… « Les amérindiens » est un terme générique derrière lequel se cache une myriade de peuples. Les colons anglais, puis les États-Unis, on profité de cet éparpillement pour confisquer les terres de populations pour lesquelles les notions de « propriété privée », de sédentarité et de possession étaient bien étrangères. Dans les paragraphes suivants, nous ne décrirons pas chacune des ethnies ayant peuplé le territoire des actuels Etats-Unis d’Amérique. Nous dresserons seulement un portrait rapide des principaux groupes ou confédérations de tribus.

Les Iroquois

Il s’agit d’une puissante ligue militaire et politique, une confédération de cinq – puis six – nations indiennes du nord-est des Etats-Unis, au sud du lac Ontario. Les cinq nations indiennes composant le groupe Iroquois sont les Senecas, les Cayugas, les Mohawks, les Oneidas et les Onondagas. Les Tuscaroras, sixième et dernière tribu, rejoindront la ligue dans le courant du 18ème siècle.

Les « Iroquois » est un nom donné par les européens. Les membres de cette confédération s’appelaient entre eux « hodenosaunees », ce qui veut dire « le peuple de la longue maison ». Les six tribus avaient en effet ce mode de vie en commun. Chez les iroquois, les maisons sont grandes, longues et abritent plusieurs familles. Chaque maison forme un clan, chaque clan est représenté par deux chefs – militaire et civil – au conseil du village. Le système est matriarcal ; les femmes âgées possèdent l’autorité sur la vie et les choix de la famille.

Difficile de dire quand s’est véritablement formée la ligue des Iroquois. Certains avancent la date de 1451, à cause de l’éclipse de soleil. D’autres théories proposent une existence antérieure. Quoiqu’il en soit, cette ligue s’est formée dans le but de mettre fin aux luttes fratricides ayant déchiré les différentes tribus par le passé. La ligue se réunit en assemblée générale de sachems régulièrement. L’objectif est la conservation de la paix.

Non loin des Iroquois, on retrouve les Hurons, une autre confédération, très semblable aux Iroquois quant à leurs mœurs. Ces deux confédérations étaient toutefois ennemies et les Hurons ont été décimés par leurs voisins les Iroquois au 17ème siècle.

Homme-et-femme-IroquoisHomme et femme iroquois, selon une
gravure du début 19ème siècle.

Les Indiens des plaines

Qu’appelle-t-on les plaines ? Cette aire géographique est centrale et gigantesque en Amérique du Nord. Elle s’étale en longitude du Mississipi jusqu’aux Rocheuses et en latitude de l’actuel Canada jusqu’à l’actuelle frontière mexicaine. Dans cet espace gigantesque, on trouve plusieurs groupes d’indiens ; les Blackfeet (ou Pieds-noirs), les Sioux, les Pawnees, les Cheyennes et les Comanches, pour ne citer que ceux-là. Chaque tribu compte plusieurs milliers d’individus. Le stéréotype de l’Indien, largement répandu dans le monde occidental, nous parvient de ces tribus. En effet, les Indiens des plaines étaient nomades, vivaient dans de grands tipis et chassaient le bison. Ce sont de ces indiens que nous vient la représentation la plus commune de l’amérindien dans son costume richement orné de bijoux et décorations, le tomahawk à la main et le chapeau de plumes sur la tête. Les mœurs étaient caractérisées par des coutumes très importantes et codifiées. Les indiens des plaines pratiquaient historiquement l’échange de peaux et de nourriture entre tribus. Lorsque l’influence européenne s’est fait forte, c’est tout un mode de vie qui a été modifié, par l’introduction du cheval, des armes à feux et par l’ingérence occidentale dans les territoires (massacre des castors et bisons).

plains-indians-2Gravure sur la chasse au bison

Les Indiens du Sud est

On connaît peu les modes de vie des indiens du sud est d’avant l’arrivée des européens, qui ont considérablement bouleversé leur mode de vie. Les grandes tribus étaient les Creeks, les Cherokees, Choctaws, Chickasaws et Séminoles. Plusieurs chefferies étaient disséminées sur le territoire, chacune comptant plusieurs villages et une capitale. Cahokia semble avoir été la plus grande ville, avec 50 000 habitants. Ce système de villes démontre une société parfaitement hiérarchisée (entre chefs et subordonnés, nobles et roturiers) et de fortes capacités d’organisation et de construction. La population était organisée par clans, la vie régie par de nombreuses règles à caractère social et politique. Par exemple, la société était exogame, c’est-à-dire qu’il était interdit d’épouser quelqu’un de son clan. Par contre, chez les nobles, le mariage entre frères et sœurs était particulièrement courant. La noblesse était divisée en trois sous-catégories : les soleils, les nobles et les honorables. L’appartenance sociale était transmise par la mère.

cherokeeGravure du 18ème siècle représentant trois Cherokees

Les peuples Pueblo

Ces indiens du sud ouest sont sédentarisés. Ils vivent de l’agriculture, au sein de gros villages oasis. La culture du maïs, du haricot et de la courge est implantée dans cette région depuis des siècles. A leur arrivée, les Espagnols rencontrèrent de nombreuses tribus, ils nommèrent les habitants « Pueblos », ce qui signifie à la fois « peuple » et « village ». Les individus rencontrés avaient en effet la particularité d’être agriculteurs et d’habiter dans des villes. Cette appellation générique cache en fait un foisonnement d’entités. La région sud-ouest était composée d’une myriade de tribus, plus ou moins étalées géographiquement et vivants dans des environnements très divers. Les peuples du sud-ouest ont pour point commun d’être tous plus ou moins agriculteurs, de bénéficier d’une indépendance politique forte qu’ils ne ruinent pas en essayant de soumettre la tribu voisine. Les indiens que l’on identifie aujourd’hui clairement comme « Pueblo » se regroupaient dans de petits villages indépendants, vivaient dans des maison solides en adobe, construites souvent sur les hauteurs. Ils se divisaient en quatre groupes linguistiques : hopi, zuñi, keres et tanoar.

pueblo-1Un village Pueblo en adobe

Les apaches

A proximité des pueblos, on trouve les indiens apaches, divisés en sept tributs : Chiricahuas, Jicarillas, Mescaleros, Kiowa-apaches, Lipans, Western-apaches et Navajos. Tous ces groupes ont les mêmes croyances et le même mode de vie. Essentiellement chasseurs, les apaches sont aussi agriculteurs et pilleurs. Ils menaient des expéditions sanglantes notamment contre les pueblos. Leur culture guerrière leur vaudra de nombreuses caricatures dans les westerns hollywoodiens.

apache-6Portrait d’un Apache

Outre le débat des premiers hommes en Amérique, il existe celui des premiers explorateurs.
Quels sont les premiers européens à avoir foulé le sol américain ?

Il existe plusieurs légendes à ce sujet. Brendan le chauve, un moine irlandais aurait débarqué en Amérique en 551. Hoei-Shin, un autre moine, bouddhiste cette fois, aurait voyagé de la Chine jusqu’au Mexique en 459.

La seule légende vérifiée par les preuves est celle de Leif Ericson, un explorateur, fils du viking Erik le Rouge. La légende islandaise raconte que Leif a découvert trois pays : Helluland, un pays plat couvert de glaciers, Markland un pays boisé (le Labrador) et Vinland, où pousse des vignes de raisin (peut-être Terre-Neuve). Des fouilles menées dans les années soixante ont permis de découvrir des installations vikings en Terre-Neuve, peut être celles constituant le village de Leifbudir, décrit dans les légendes. Cette installation viking, de faible ampleur, serait disparue au 14ème siècle sous le coup du refroidissement climatique ou des invasions esquimaux, selon les hypothèses les plus répandues.

Christian-krohg-leiv-erikssonLeif Ericson découvrant l’Amérique
par Christian Krohg

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