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	<title>Histoire des Etats-Unis d&#039;Amérique</title>
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	<description>De l&#039;ère paléoindienne à Georges W. Bush</description>
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		<title>Histoire des Etats-Unis d&#039;Amérique</title>
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		<title>Les Amérindiens du nord, premiers habitants</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2009 08:10:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Découverte et colonisation]]></category>

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		<description><![CDATA[Qui étaient les premiers habitants de l’Amérique ? Longtemps, la réponse à cette question a été claire. Les chercheurs s’accordaient sur la thèse de l’arrivée d’une population de type mongoloïde, venue d’Asie du nord-est (Mongolie, Chine et Sibérie) et passée par le détroit de Béring. Entre – 50 000 et – 10 000 avant JC, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=11&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Qui étaient les premiers habitants de l’Amérique ? Longtemps, la réponse à cette question a été claire. Les chercheurs s’accordaient sur la thèse de l’arrivée d’une population de type mongoloïde, venue d’Asie du nord-est (Mongolie, Chine et Sibérie) et passée par le détroit de Béring.</p>
<p style="text-align:justify;">Entre – 50 000 et – 10 000 avant JC, la Terre connaît une ère de glaciation. Le détroit de Béring se constitue et c’est un pont de glace qui relie alors la Sibérie et l’Alaska. C’est par ce pont que les premiers hommes, venue d’Eurasie, sont venus peupler le continent américain. Les paléo-indiens auraient progressé du nord au sud du continent américain sur une période de 1500 ans, entre – 12 000 et – 10 500 avant JC.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette thèse repose sur des découvertes anthropologiques. En se basant sur des crânes humains datant de la Préhistoire et retrouvés sur le sol américain, les chercheurs ont pu définir un type morphologique, en déduire en partance de quel continent et à quelle période a eu lieu la première migration.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais à partir de cette même méthode, de nouvelles thèses sont venues casser l’idée d’un flux de migration unique. Le squelette Luzia, découvert au Brésil et vieux de 11 000 ans n’est pas de type mongoloïde et correspond plus à celui d’aborigènes australiens. Sur cette découverte s’est développée la thèse selon laquelle une première vague d’habitants sont partis du sud-est asiatique, vraisemblablement de l’Australie, pour arriver vers – 13 500 en Amérique. Autre découverte troublante, celle du squelette de Kennewick, aux Etats-Unis, vieux de 9 000 ans, et qui ne correspond ni au type mongoloïde ni au type aborigène, mais au type indo-européen.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Quoiqu’il en soit, plusieurs millénaires plus tard, lorsque les premiers colons pénètrent sur le continent américain, c’est une grande diversité ethnique qu’ils découvrent. Entre 500 et 600 langues sont recensées, pour une population nord-amérindienne estimée à dix millions d’individus. Certaines langues sont comprises par de nombreuses tribus, d’autres seulement par quelques centaines d’individus. Certains peuples, pourtant voisins, ne se comprennent pas. Par exemple, les Sioux appelaient les Cheyennes « Chayeka », « le peuple d’une langue étrangère ».</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/principauxpeuplesamericains.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-14" title="principauxpeuplesamericains" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/principauxpeuplesamericains.jpg?w=300&#038;h=209" alt="principauxpeuplesamericains" width="300" height="209" /></a><em>Un aperçu des principaux peuples nord-amérindiens</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Shoshoni, Pawnee, Shawnee, Delaware, Micmac, Ute, Miwok… &#8220;Les amérindiens&#8221; est un terme générique derrière lequel se cache une myriade de peuples. Les colons anglais, puis les États-Unis, on profité de cet éparpillement pour confisquer les terres de populations pour lesquelles les notions de « propriété privée », de sédentarité et de possession étaient bien étrangères. Dans les paragraphes suivants, nous ne décrirons pas chacune des ethnies ayant peuplé le territoire des actuels Etats-Unis d’Amérique. Nous dresserons seulement un portrait rapide des principaux groupes ou confédérations de tribus.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<h2 style="text-align:justify;"><strong>Les Iroquois</strong></h2>
<p style="text-align:justify;">Il s’agit d’une puissante ligue militaire et politique, une confédération de cinq – puis six – nations indiennes du nord-est des Etats-Unis, au sud du lac Ontario. Les cinq nations indiennes composant le groupe Iroquois sont les Senecas, les Cayugas, les Mohawks, les Oneidas et les Onondagas. Les Tuscaroras, sixième et dernière tribu, rejoindront la ligue dans le courant du 18ème siècle.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Les « Iroquois » est un nom donné par les européens. Les membres de cette confédération s’appelaient entre eux « hodenosaunees », ce qui veut dire « le peuple de la longue maison ». Les six tribus avaient en effet ce mode de vie en commun. Chez les iroquois, les maisons sont grandes, longues et abritent plusieurs familles. Chaque maison forme un clan, chaque clan est représenté par deux chefs &#8211; militaire et civil &#8211; au conseil du village. Le système est matriarcal ; les femmes âgées possèdent l’autorité sur la vie et les choix de la famille.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Difficile de dire quand s’est véritablement formée la ligue des Iroquois. Certains avancent la date de 1451, à cause de l’éclipse de soleil. D’autres théories proposent une existence antérieure. Quoiqu’il en soit, cette ligue s’est formée dans le but de mettre fin aux luttes fratricides ayant déchiré les différentes tribus par le passé. La ligue se réunit en assemblée générale de sachems régulièrement. L’objectif est la conservation de la paix.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Non loin des Iroquois, on retrouve les Hurons, une autre confédération, très semblable aux Iroquois quant à leurs mœurs. Ces deux confédérations étaient toutefois ennemies et les Hurons ont été décimés par leurs voisins les Iroquois au 17ème siècle.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/homme-et-femme-iroquois.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-16" title="Homme-et-femme-Iroquois" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/homme-et-femme-iroquois.jpg?w=183&#038;h=300" alt="Homme-et-femme-Iroquois" width="183" height="300" /></a><em>Homme et femme iroquois, selon une<br />
<a href="http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/democratie/democratie_fr/expo/montreal/hochelaga/piece9/index.shtm">gravure </a>du début 19ème siècle.</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<h2 style="text-align:justify;">Les Indiens des plaines</h2>
<p style="text-align:justify;">Qu’appelle-t-on les plaines ? Cette aire géographique est centrale et gigantesque en Amérique du Nord. Elle s’étale en longitude du Mississipi jusqu’aux Rocheuses et en latitude de l’actuel Canada jusqu’à l’actuelle frontière mexicaine. Dans cet espace gigantesque, on trouve plusieurs groupes d’indiens ; les Blackfeet (ou Pieds-noirs), les Sioux, les Pawnees, les Cheyennes et les Comanches, pour ne citer que ceux-là. Chaque tribu compte plusieurs milliers d’individus. Le stéréotype de l’Indien, largement répandu dans le monde occidental, nous parvient de ces tribus. En effet, les Indiens des plaines étaient nomades, vivaient dans de grands tipis et chassaient le bison. Ce sont de ces indiens que nous vient la représentation la plus commune de l’amérindien dans son costume richement orné de bijoux et décorations, le tomahawk à la main et le chapeau de plumes sur la tête. Les mœurs étaient caractérisées par des coutumes très importantes et codifiées. Les indiens des plaines pratiquaient historiquement l’échange de peaux et de nourriture entre tribus. Lorsque l’influence européenne s’est fait forte, c’est tout un mode de vie qui a été modifié, par l’introduction du cheval, des armes à feux et par l’ingérence occidentale dans les territoires (massacre des castors et bisons).</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/plains-indians-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-20" title="plains-indians-2" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/plains-indians-2.jpg?w=300&#038;h=212" alt="plains-indians-2" width="300" height="212" /></a><a href="http://ushistoryimages.com/plains-indians.shtm">Gravure </a>sur la chasse au bison</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<h2 style="text-align:justify;">Les Indiens du Sud est</h2>
<p style="text-align:justify;">On connaît peu les modes de vie des indiens du sud est d’avant l’arrivée des européens, qui ont considérablement bouleversé leur mode de vie. Les grandes tribus étaient les Creeks, les Cherokees, Choctaws, Chickasaws et Séminoles. Plusieurs chefferies étaient disséminées sur le territoire, chacune comptant plusieurs villages et une capitale. Cahokia semble avoir été la plus grande ville, avec 50 000 habitants. Ce système de villes démontre une société parfaitement hiérarchisée (entre chefs et subordonnés, nobles et roturiers) et de fortes capacités d’organisation et de construction. La population était organisée par clans, la vie régie par de nombreuses règles à caractère social et politique. Par exemple, la société était exogame, c&#8217;est-à-dire qu’il était interdit d’épouser quelqu’un de son clan. Par contre, chez les nobles, le mariage entre frères et sœurs était particulièrement courant. La noblesse était divisée en trois sous-catégories : les soleils, les nobles et les honorables. L’appartenance sociale était transmise par la mère.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/cherokee.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-22" title="cherokee" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/cherokee.jpg?w=300&#038;h=239" alt="cherokee" width="300" height="239" /></a><em>Gravure du 18ème siècle représentant trois Cherokees</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<h2 style="text-align:justify;">Les peuples Pueblo</h2>
<p style="text-align:justify;">Ces indiens du sud ouest sont sédentarisés. Ils vivent de l’agriculture, au sein de gros villages oasis. La culture du maïs, du haricot et de la courge est implantée dans cette région depuis des siècles. A leur arrivée, les Espagnols rencontrèrent de nombreuses tribus, ils nommèrent les habitants « Pueblos », ce qui signifie à la fois « peuple » et « village ». Les individus rencontrés avaient en effet la particularité d’être agriculteurs et d’habiter dans des villes. Cette appellation générique cache en fait un foisonnement d’entités. La région sud-ouest était composée d’une myriade de tribus, plus ou moins étalées géographiquement et vivants dans des environnements très divers. Les peuples du sud-ouest ont pour point commun d’être tous plus ou moins agriculteurs, de bénéficier d’une indépendance politique forte qu’ils ne ruinent pas en essayant de soumettre la tribu voisine. Les indiens que l’on identifie aujourd’hui clairement comme « Pueblo » se regroupaient dans de petits villages indépendants, vivaient dans des maison solides en adobe, construites souvent sur les hauteurs. Ils se divisaient en quatre groupes linguistiques : hopi, zuñi, keres et tanoar.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/pueblo-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-24" title="pueblo-1" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/pueblo-1.jpg?w=300&#038;h=179" alt="pueblo-1" width="300" height="179" /></a><em>Un <a href="http://ushistoryimages.com/pueblo.shtm">village </a>Pueblo en adobe </em></p>
<h2 style="text-align:justify;">Les apaches</h2>
<p style="text-align:justify;">A proximité des pueblos, on trouve les indiens apaches, divisés en sept tributs : Chiricahuas, Jicarillas, Mescaleros, Kiowa-apaches, Lipans, Western-apaches et Navajos. Tous ces groupes ont les mêmes croyances et le même mode de vie. Essentiellement chasseurs, les apaches sont aussi agriculteurs et pilleurs. Ils menaient des expéditions sanglantes notamment contre les pueblos. Leur culture guerrière leur vaudra de nombreuses caricatures dans les westerns hollywoodiens.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/apache-6.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-26" title="apache-6" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/apache-6.jpg?w=238&#038;h=300" alt="apache-6" width="238" height="300" /></a><em><a href="http://ushistoryimages.com/apache.shtm">Portrait </a>d&#8217;un Apache</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Outre le débat des premiers hommes en Amérique, il existe celui des premiers explorateurs.<br />
Quels sont les premiers européens à avoir foulé le sol américain ?</p>
<p style="text-align:justify;">Il existe plusieurs légendes à ce sujet. Brendan le chauve, un moine irlandais aurait débarqué en Amérique en 551. Hoei-Shin, un autre moine, bouddhiste cette fois, aurait voyagé de la Chine jusqu’au Mexique en 459.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">La seule légende vérifiée par les preuves est celle de Leif Ericson, un explorateur, fils du viking Erik le Rouge. La légende islandaise raconte que Leif a découvert trois pays : Helluland, un pays plat couvert de glaciers, Markland un pays boisé (le Labrador) et Vinland, où pousse des vignes de raisin (peut-être Terre-Neuve). Des fouilles menées dans les années soixante ont permis de découvrir des installations vikings en Terre-Neuve, peut être celles constituant le village de Leifbudir, décrit dans les légendes. Cette installation viking, de faible ampleur, serait disparue au 14ème siècle sous le coup du refroidissement climatique ou des invasions esquimaux, selon les hypothèses les plus répandues.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/christian-krohg-leiv-eriksson.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-28" title="Christian-krohg-leiv-eriksson" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/christian-krohg-leiv-eriksson.jpg?w=300&#038;h=195" alt="Christian-krohg-leiv-eriksson" width="300" height="195" /></a><em>Leif Ericson découvrant l’Amérique<br />
par Christian Krohg</em></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoireusa.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoireusa.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoireusa.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoireusa.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoireusa.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoireusa.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoireusa.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoireusa.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoireusa.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoireusa.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoireusa.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoireusa.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoireusa.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoireusa.wordpress.com/11/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=11&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La découverte de l&#8217;Amérique</title>
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		<pubDate>Fri, 15 May 2009 08:32:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Découverte et colonisation]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 15ème siècle européen propose une situation politique et économique propice aux découvertes et explorations. Les espagnols se font les nouveaux missionnaires de l’Eglise catholique par la reconquête de la province de Grenade en 1492, qui était maure depuis le 8ème siècle. L’Espagne comme le Portugal s’affirment comme des puissances maritimes. Des liens économiques se [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=31&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Le 15ème siècle européen propose une situation politique et économique propice aux découvertes et explorations. Les espagnols se font les nouveaux missionnaires de l’Eglise catholique par la reconquête de la province de Grenade en 1492, qui était maure depuis le 8ème siècle. L’Espagne comme le Portugal s’affirment comme des puissances maritimes. Des liens économiques se développent entre l’Europe et l’Orient, avec un commerce autour des produits exotiques, perles, épices et teintures. L’Europe est appâtée par le luxe oriental et motivée par ses besoins croissants en or. Pour se faciliter l’accès à toutes ces richesses, l’Europe a besoin d’une nouvelle route, qui éviterait le passage en territoire musulman. La possibilité d’un passage par l’ouest commence donc à trotter dans bien des esprits. Il faut ajouter à cela un développement économique général, soutenu par de nouveaux outils bancaires et par des investissements privés, mais aussi l’émergence de nouveaux outils de navigation et de cartographie (tables de trigonométrie, gouvernail d’étambot, meilleure voilure,etc.). Toutes ces évolutions sont propices à une  exploration vers l’ouest.</p>
<p style="text-align:justify;">Une première étape préparative à la découverte des Amérique est réalisée avec la colonisation des îles Canaries, de Madère et des Açores par les espagnols et les portugais. Ces îles serviront d’escale sur la route vers l’ouest pour les Espagnols. Les portugais, eux, continueront vers le sud, choisissant de contourner l’Afrique pour atteindre l’Asie. Ils feront la conquête, sur cette route, des îles du Cap Vert.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/map3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-33" title="map3" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/map3.jpg?w=300&#038;h=210" alt="map3" width="300" height="210" /></a></p>
<h2 style="text-align:justify;">Christophe Colomb et la découverte des Amériques</h2>
<p style="text-align:justify;">Navigateur aguerri, instruit, connaissant les travaux des auteurs anciens, Christophe Colomb prépare dès les années 1480 un projet de jonction de l’Asie par l’ouest. Il propose une nouvelle route commerciale en avançant que la distance Portugal-Japon par l’est est de 225°. La terre ayant une circonférence de 360°, la route vers l’ouest ne présenterait que 105° à parcourir. Christophe Colomb se base sur des informations erronées, sous-estimant la circonférence réelle de la planète. Son projet est rejeté une première fois par le Portugal, puis par l’Espagne, avant d’être finalement accepté par les souverains Ferdinand et Isabelle d’Espagne en 1491. En août 1492, Christophe Colomb quitte l’Espagne à la tête de trois caravelles. Le 12 octobre 1492, il débarque à Guanahaní, une île des Bahamas. Colomb découvre ensuite Cuba et Haïti avant de reprendre la route du retour en 1493.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/older-columbus.gif"><img class="aligncenter size-medium wp-image-35" title="older-columbus" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/older-columbus.gif?w=218&#038;h=300" alt="older-columbus" width="218" height="300" /></a><em>Christophe Colomb par<br />
Sebastiano del Piombo</em></p>
<p style="text-align:justify;">En 1493, le pape Alexandre VI décrète que toutes les terres découvertes à l’ouest seront partagées entre l’Espagne et le Portugal, selon une ligne imaginaire tracée à partir des Açores. Sa décision est entérinée avec le traité de Tordesillas en 1494. Mais l’Angleterre et la France ne comptent pas s’arrêter à cette décision papale et se lancent, eux aussi, vers l’ouest. L’Europe est alors divisée en puissants royaumes qui s’emploient à débaucher les meilleurs marins – souvent italiens – pour les mettre à la tête d’expéditions vers le Nouveau Monde.</p>
<p style="text-align:justify;">S’ensuit une ruée vers l’Amérique, enfiévrée, désordonnée, qui va s’étaler tout au long du 16ème siècle. Les expéditions préparent une colonisation avant même la découverte totale de ce que l’on ne perçoit pas encore bien comme un nouveau continent.</p>
<p style="text-align:justify;">Entre 1493 et 1495, Colomb découvre de nouvelles îles : la Dominique, la Guadeloupe et Porto Rico. Une troisième expédition, menée entre 1498 et 1500, l’amène sur le continent américain, sur les cotes de l’actuel Venezuela. Colomb croit toujours être arrivé aux Indes, d’où le nom qu’il donne aux autochtones ; les Indiens. C’est Amerigo Vespucci qui, à la suite de son voyage l’ayant amené près des côtes brésiliennes (1499-1501), prend le premier conscience de la découverte d’un nouveau continent. C’est en son honneur qu’un géographe donne au continent découvert son prénom ; Amérique. Les espagnols et les portugais multiplient les expéditions vers l’Amérique du sud et ont bientôt la mainmise sur ce continent, grâce aux découvertes d’explorateurs comme Pedro Cabral, Hernan Cortés ou encore Francesco Pizarro. De nombreuses vagues de conquistadors s’emploient tout au long du 16ème siècle à conquérir, piller et coloniser l’Amérique du Sud. La population indigène étant  rapidement décimée par la brutalité des conquistadors et par les maladies, les espagnols s’en vont chercher leurs esclaves en Afrique.</p>
<h2 style="text-align:justify;">Découverte et exploration de l’Amérique du Nord</h2>
<p style="text-align:justify;">John Cabot, de son vrai nom Giovanni Cabotto, cherche au nom du roi anglais Henry VII à s’approprier de nouvelles terres à l’ouest. En 1497, Cabot atteint l’Amérique du nord par le Labrador, Terre-Neuve et la Nouvelle-Angleterre. L’explorateur croyait avoir atteint la Chine. Une seconde expédition, plus importante, est levée en 1498 dans le but d’atteindre le Japon. Mais John Cabot ne revient pas en Angleterre. De nombreuses hypothèses tentent d’expliquer cette disparition (naufrage, mutinerie), mais aucune n’a été prouvée. Les expéditions de John Cabot, malgré cet échec final, ouvrent la voie à la découverte et la colonisation de l’Amérique du Nord. Les Anglais vont cependant tarder à organiser de nouvelles expéditions, refroidis par l’échec de Cabot. Profitant de ce retrait partiel, c’est la France qui va prendre le relais et lancer de nouvelles expéditions.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/the-departure-of-john-and-sebastian-cabot-from-bristol-on-their-first-voyage-of-discovery.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-40" title="The departure of John and Sebastian Cabot from Bristol on their first voyage of discovery" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/the-departure-of-john-and-sebastian-cabot-from-bristol-on-their-first-voyage-of-discovery.jpg?w=300&#038;h=238" alt="The departure of John and Sebastian Cabot from Bristol on their first voyage of discovery" width="300" height="238" /></a><em>Le départ de Jean et Sébastien Cabot de Bristol<br />
pour leur premier voyage d&#8217;exploration</em></p>
<p style="text-align:justify;">En 1524, Jean de Verrazane (encore un italien) découvre les côtes de la Caroline du Nord au nom du roi de France François Ier. Il longe la cote atlantique et, le premier, pénètre dans la baie de New-York qu’il nomme « la Nouvelle Angoulême ». Le voyage de Verrazane confirme la découverte de Vespucci : c’est bien un nouveau continent que l’on découvre. En 1528, une nouvelle expédition menée par Verrazane se termine tragiquement ; l’explorateur est tué puis mangé par des anthropophages.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/jean-de-verrazane.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-37" title="Jean de Verrazane" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/jean-de-verrazane.jpg?w=247&#038;h=300" alt="Jean de Verrazane" width="247" height="300" /></a><em>Jean de Verrazane</em></p>
<p style="text-align:justify;">En 1534, François Ier mandate un marin de Saint-Malo, Jacques Cartier, pour un voyage vers l’ouest à la recherche de « grande quantité d’or et autres riches choses ». Au bout de vingt jours, Cartier arrive en vue des côtes de Terre-Neuve, il franchit le détroit de Belle-Isle et fait le tour du Golf Saint Laurent avant de repartir vers le France. Au cours d’un second voyage, en 1535, il remonte le fleuve Saint-Laurent et découvre l’actuel Québec. Cette découverte est capitale puisqu’elle ouvre la voie à la pénétration de tout le continent nord-américain. Mais la France n’entend pas mener pour le moment de politique de colonisation, qui n’émergera qu’au 17ème siècle.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/jacques-cartier.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-39" title="Jacques Cartier" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/jacques-cartier.png?w=214&#038;h=300" alt="Jacques Cartier" width="214" height="300" /></a><em>Jacques Cartier</em></p>
<p style="text-align:justify;">Au sud, d’autres explorateurs pénètrent le territoire des actuels États-Unis d’Amérique. Hernando de Soto, gouverneur de Cuba, prend la tête d’une expédition de trois ans (1539-1542) à travers le sud, à la recherche d’un hypothétique empire : il traverse le territoire de la Floride à l’Alabama et est le premier à franchir le fleuve Mississipi. L’aventurier reste dans les mémoires comme s’étant montré particulièrement cruel à l’égard des amérindiens.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/discovery_of_the_mississippi-de-soto.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-41" title="Discovery_of_the_Mississippi de soto" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/discovery_of_the_mississippi-de-soto.jpg?w=300&#038;h=194" alt="Discovery_of_the_Mississippi de soto" width="300" height="194" /></a><em>Une toile romantique représentant<br />
Hernando de Soto découvrant le Mississipi</em></p>
<p style="text-align:justify;">Toujours motivée par l’éventuelle découverte d’incroyables richesses, une nouvelle expédition s’organise entre 1540 à 1542, celle de Francisco de Coronado. L’explorateur recherchait les sept cités légendaires de Cibola et leurs fameuses murailles d’or qui ne se sont avérées être que de simples villages habités par des indiens Pueblo. L’expédition a néanmoins permis la découverte du Grand Canyon et des Grandes Plaines. Les hommes de Coronado ont été les premiers européens à apercevoir des bisons.</p>
<p style="text-align:justify;">Côté français, de nouvelles explorations ont lieu au début du 17ème siècle, à partir de la vallée du Saint-Laurent, qui a été colonisée. Samuel de Champlain explore lors de plusieurs expéditions la région des grands lacs. Les français sont motivés par deux missions : se procurer peaux et fourrures (d’où le commerce avec les indiens hurons) et évangéliser les indigènes. Sur sa carte des territoires découverts, Samuel de Champlain inscrit « Nouvelle-France » au bas de la baie d’Hudson. L’influence française grandit en Amérique du Nord. Après le fleuve Saint-Laurent, la nouvelle voie d’exploration découverte et utilisée par les français est le Mississipi. C’est en descendant ce fleuve que René Robert Cavelier de la Salle atteint en 1682 le golfe du Mexique. Les terres découvertes par de la Salle lors de cette expédition sont nommés « Louisiane », en l’honneur de Louis XIV, dont l’explorateur a reçu le soutien.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/1613-nouvelle-france-champlain.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-42" title="1613 Nouvelle France Champlain" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/1613-nouvelle-france-champlain.jpg?w=299&#038;h=241" alt="1613 Nouvelle France Champlain" width="299" height="241" /></a><em>Une carte de la &#8220;Nouvelle-France&#8221; par Champlain</em></p>
<p style="text-align:justify;">L’Angleterre, pour sa part, recherche tout au long du 17ème siècle une voie de passage vers l’Asie, jusqu’en 1670 et la fondation de la compagnie de la baie d’Hudson, consacrée à l’exploitation commerciale des fourrures. La côte ouest américaine reste peu connue. Seuls les espagnols s’y sont rendus sans s’y installer réellement. Il faut attendre la fin du 18ème siècle pour voir les espagnols fonder des forts et des missions franciscaines pour évangéliser les indiens (d’où la ville de San Francisco, par exemple). La découverte de cette côte est complétée par les explorations du français Lapérousse et de l’anglais Vancouver. En 1741, Vitus Bering repère les cotes de l’Alaska. Le navigateur envoyé par le tsar Pierre Le Grand est parti de Russie et passé par le détroit qui porte aujourd’hui son nom. A la fin du 18ème siècle, après trois cent ans de tâtonnements, le continent a été largement exploré. Depuis le siècle précédant, déjà, la colonisation est en marche.</p>
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			<media:title type="html">1613 Nouvelle France Champlain</media:title>
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		<title>La colonisation anglaise</title>
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		<pubDate>Thu, 14 May 2009 09:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Découverte et colonisation]]></category>

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		<description><![CDATA[Partis les derniers, après les espagnols et les français, les anglais arrivent pourtant grands gagnants de la course à la colonisation. La colonisation anglaise est principalement motivée par l’envie d’étendre une puissance maritime, de transférer les inactifs d’Angleterre vers le Nouveau Monde (résorption du chômage) et d’expatrier les anglais qui refusent de se conformer à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=45&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Partis les derniers, après les espagnols et les français, les anglais arrivent pourtant grands gagnants de la course à la colonisation. La colonisation anglaise est principalement motivée par l’envie d’étendre une puissance maritime, de transférer les inactifs d’Angleterre vers le Nouveau Monde (résorption du chômage) et d’expatrier les anglais qui refusent de se conformer à l’église anglicane.</p>
<p style="text-align:justify;">Trois sortes de colonies anglaises émergent dans le Nouveau Monde :</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Les « Charter colonies » </strong>– des colonies à « but lucratif », lancées par des hommes d’affaire mandatés par « charte » royale.<br />
<strong>Les « Crown colonies » </strong>– des colonies gérées par la couronne anglaise, qui a dû prendre en charge la colonisation de l’Amérique face aux nombreux échecs des charter colonies (attaques indiennes, faillites…).<br />
<strong>Les « Proprietary colonies » </strong>– des colonies dirigées par des « lords » nommés par la couronne anglaise.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">En 1607, un premier groupe de colons britanniques remonte le fleuve James et fonde Jamestown. Les débuts de cette colonie sont très laborieux, les colons étant peu habitués à la rudesse du travail et n’ayant pas de réelle politique d’implantation. Entreprise marchande, administrée par la Compagnie de Virginie, la colonie ne doit sa survie, pendant de longues années, qu’aux ravitaillements envoyés par la métropole. La Virginie va finalement trouver le chemin de la prospérité économique par la culture du tabac, introduite par John Rolfe en 1612. Pour alimenter ces plantations en main d’œuvre, trois types de travailleurs afflueront en Virginie lors des décennies suivantes : les esclaves noirs d’Afrique, les engagés et les individus sous servitude pénale.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/jamestown1615.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-97" title="jamestown1615" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/jamestown1615.jpg?w=300&#038;h=199" alt="jamestown1615" width="300" height="199" /></a><em>Le village de Jamestown, sur le fleuve James, vers 1615</em></p>
<p style="text-align:justify;">Plymouth, ou « New Plymouth » est la première colonie indépendante créée en 1620 en Amérique. Elle est à l’origine de l’un des grands mythes de la fondation des Etats-Unis. C’est une colonie établie par les fameux « Pilgrim fathers », les « Pères pèlerins », des puritains opposés à l’Eglise anglicane. Ces protestants souhaitaient une église plus « pure », allégée des fastes catholiques (d’où leur nom de « puritains »). Pendant leur voyage vers l’Amérique, les pèlerins, à bord du Mayflower, signèrent un accord commun qui s’est révélé être la première constitution écrite d’Amérique : le « mayflower compact ». Les passagers s’engageaient à la formation d’un « corps politique civil » dans le but de mettre en place des lois « justes et équitables » auxquelles la communauté devrait se plier. Cette petite constitution tiendra lieu de gouvernance de Plymouth, jusqu’à l’absorption de la ville dans un réseau plus large, celui de la Nouvelle-Angleterre, en 1691. C’est de cette région, marquée par le souvenir des persécutions religieuse et animée par un grand esprit d’autonomie, qu’éclateront les premiers sursauts de la guerre d’indépendance américaine. C’est dans l’histoire de cette colonie que l’on comprend l’origine de la plus grande fête américaine ; Thanksgiving. Cette célébration est apparue en 1621 à Plymouth pour célébrer la première récolte, après une première année de colonisation très rude. Elle a réuni les premiers colons et quelques tribus indiennes du territoire, qui ont contribué à la survie des nouveaux habitants en leur apprenant notamment la culture du maïs.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/mayflower-compact.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-46" title="mayflower compact" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/mayflower-compact.jpg?w=300&#038;h=212" alt="mayflower compact" width="300" height="212" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>La signature du MayFlower Compact par<br />
Jean Leon Gerome Ferris</em></p>
<p style="text-align:justify;">Ces balbutiements annoncent beaucoup de la culture américaine contemporaine : les Charter colonies symbolisent la culture de la « libre entreprise » chère aux états-uniens, l’anecdote fondatrice du Mayflower porte en elle les germes de l’indépendance américaine, l’esprit d’autonomie et la culture du contrat. Cependant, la colonie de Plymouth, bien qu’ayant assuré sa subsistance et sa gestion interne, n’a que trop mal géré sa relation politique avec Londres, dont elle n’a obtenu aucun statut d’envergure.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">La colonie la plus victorieuse, sur les plans de la colonisation, de la démographie et de la survivance politique est sans nul doute la Nouvelle Angleterre. En 1629, un groupe de puritains crée la Compagnie de la Nouvelle Angleterre et obtient par charte royal un pouvoir politique fort dans la colonisation d’une large portion des côtes américaines, comprenant les actuels Massachusetts et New Hampshire. Les chefs puritains transfèrent la même année le siège social de leur entreprise, le Massachusetts Bay Company, de Londres au Nouveau Monde. Une grande migration commence alors, amenant d’année en année plusieurs milliers de colons dans le Nouveau Monde. La colonisation se fait méthodiquement, articulée par un pouvoir politique local fort. Des « General Court » décident de la création de nouvelles villes et répartissent les terres aux colons fondateurs. A partir de 1632, les représentants de la General Court élisent même leur propre gouverneur et, dès 1634, votent les impôts.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Autre colonie d’envergure, la Pennsylvanie. C’est une colonie propriétaire, fondée par le quaker William Penn, qui entretient de très bons rapports avec le pouvoir politique en Angleterre. Les quakers sont des radicaux religieux, rejetant l’Eglise, qu’elle soit catholique ou protestante, pour prôner un rapport direct et intime à Dieu. Prônant la démocratie et la tolérance religieuse, le quaker Penn va créer dans sa colonie « une sainte expérience » ; la cohabitation et la collaboration de tous les réfugiés protestants d’Europe, qui trouvent en la Pennsylvanie une terre d’accueil où la liberté de culte est garantie. Penn fonde dans sa colonie la ville de Philadelphie, qui connaît un développement commercial rapide. En 1700, la Pennsylvanie compte déjà 18000 habitants. Ce climat de tolérance religieuse et de respect mutuel conduit la colonie vers une cohabitation paisible avec les amérindiens, un <em>modus vivendi </em>longtemps respecté.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/treaty_of_penn_with_indians_by_benjamin_west.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-48" title="Treaty_of_Penn_with_Indians_by_Benjamin_West" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/treaty_of_penn_with_indians_by_benjamin_west.jpg?w=300&#038;h=208" alt="Treaty_of_Penn_with_Indians_by_Benjamin_West" width="300" height="208" /></a><em>William Penn signant un traité avec les Améridiens</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Tout au long du 17ème siècle, des vagues d’émigrants partent d’Angleterre et du reste de l’Europe pour joindre les cotes américaines. En 1700, douze colonies anglaises existent déjà sur la façade atlantique, comptabilisant près de 300 000 habitants.</p>
<p style="text-align:justify;">
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		<title>La colonisation française</title>
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		<pubDate>Wed, 13 May 2009 09:03:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Découverte et colonisation]]></category>

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		<description><![CDATA[En Nouvelle France, la colonisation prend une forme toute autre que l’occupation anglaise de la côte est. Les français sont peu nombreux. Leur activité sur le nouveau monde se limite essentiellement au commerce des fourrures. Les français pactisent avec les indiens Hurons, ce qui a pour effet de les impliquer dans le conflit destructeur qui [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=52&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">En Nouvelle France, la colonisation prend une forme toute autre que l’occupation anglaise de la côte est. Les français sont peu nombreux. Leur activité sur le nouveau monde se limite essentiellement au commerce des fourrures. Les français pactisent avec les indiens Hurons, ce qui a pour effet de les impliquer dans le conflit destructeur qui oppose cette tribu aux Iroquois. De plus, les français ne s’asseyent sur aucune assise agricole d’ampleur, par peur de faire fuir les Hurons et autres tribus indiennes alliées plus loin vers l’ouest. La colonisation se déploie lentement à partir de deux axes fluviaux ; le Mississipi et le Saint-Laurent et au rythme de la construction de « forts », points d’appui centraux dans la méthode d’implantation française. Le territoire est administré par « la Compagnie de la Nouvelle France », mandatée par la monarchie française. Il n’y a aucune immigration de masse ; milieu du 17ème siècle, on ne compte que quelques centaines de « coureurs des bois » en Nouvelle France. Dans les années 1660 et 1670, le ministre Colbert met la Nouvelle France sous contrôle royal direct, avec une administration dirigée par un gouverneur et un intendant.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/colbert-5.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-53" title="Colbert-5" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/colbert-5.jpg?w=196&#038;h=300" alt="Colbert-5" width="196" height="300" /></a><em>Portrait de Colbert par Claude Lefebvre</em></p>
<p style="text-align:justify;">Le ministre met en place une politique de peuplement qui ne suffira pas à rivaliser avec l’énorme démographie des colonies anglaises. La société qui se forme en Nouvelle France, deuxième moitié du 17ème siècle est tout à fait originale. Les « coureurs des bois » français se déplacent en canoës, vivent à l’indienne, voire, souvent, marient des indiennes. Marie de l’Incarnation, religieuse venue fonder le couvent des Ursulines en Nouvelle-France, a écrit qu’il était « plus facile de faire des Sauvages avec les Français que l’inverse ». Le gros de la population est agricole et militaire. La société d’alors se caractérise par une obédience catholique forte, une obéissance vis-à-vis de la volonté royale, mais une absence de haute noblesse, ce qui empêche une reconstitution proche de la société française.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">En 1687, la France est au faîte de sa puissance dans le Nouveau Monde ;  elle occupe la très large majorité des territoires d’Amérique du Nord : de la baie d’Hudson et du Labrador jusqu’au golfe du Mexique et au Mississipi. Cette puissance géographique effraie les colonies anglaises. Pour autant, celles-ci conservent l’avantage considérable de la supériorité démographique. En 1675, on recense environ 7 800 individus en Nouvelle France contre 140 000 dans les colonies anglaises, chiffres qui vont doubler pour le recensement de 1706. La France a fait le choix d’une occupation militaire (les forts) et commerciale, alors que les anglais ont opté pour une colonisation basée sur l’immigration massive.</p>
<p style="text-align:justify;">
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	</item>
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		<title>Les quatre guerres franco-anglaises</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 09:08:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Découverte et colonisation]]></category>

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		<description><![CDATA[Les deux puissances présentes en Amérique du Nord devaient irrémédiablement se télescoper. Plus que les combats menés sur le territoire américain, ce sont les conflits européens qui influencent par leur issu le partage du territoire américain. Entre 1689 et 1697, c’est la guerre de la ligue d’Augsbourg. Cette ligue est formée par de nombreux pays [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=56&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Les deux puissances présentes en Amérique du Nord devaient irrémédiablement se télescoper. Plus que les combats menés sur le territoire américain, ce sont les conflits européens qui influencent par leur issu le partage du territoire américain.</p>
<p style="text-align:justify;">Entre 1689 et 1697, c’est la guerre de la ligue d’Augsbourg. Cette ligue est formée par de nombreux pays européens en opposition à Louis XIV et à sa politique expansionniste. Le monarque français convoitait en effet le Saint Empire Romain Germanique. Pendant cette période, les français, les anglais et leurs alliés, se livrent à des combats notamment sur le sol américain, en usant des alliances avec les Indiens. La paix de Ryswick, fragile, rétablit finalement le statu quo.</p>
<p style="text-align:justify;">Entre 1701 et 1713, un nouveau conflit européen influence l’Amérique ; c’est la guerre de succession d’Espagne. La plupart des pays européens (Angleterre, Provinces-Unies, Saint Empire Romain Germanique) s’opposent à ce que le petit fils de Louis XIV, Philippe d’Anjou, accède au trône d’Espagne, prenant ainsi la tête de deux puissants royaumes d’alors, la France et l’Espagne. L’Espagne, la France et l’Angleterre se partageant alors le gros du territoire américain, des conflits vont embraser le continent durant cette période. Au nord, les colonies anglaises et la Nouvelle France s’affrontent sur leurs frontière. Au sud, on s’affronte par Indiens interposés. En 1713 le traité d’Utrecht met fin à la guerre. Les accords conclus avantagent considérablement le Royaume-Uni : la Nouvelle-France perd ses territoires de Terre-Neuve, la baie d’Hudson et l’Acadie.</p>
<p style="text-align:justify;">A l’issu de ce deuxième conflit franco-anglais, l’influence française sur le continent est quasiment réduite à néant. A l’infériorité démographique déjà pesante, il faut rajouter l’amputation territoriale, très importante. Cependant, la Nouvelle-France rebondit rapidement et de 1713 jusqu’aux années 1740 se réorganise militairement en construisant une ligne de défense dans la région des grands lacs et en fortifiant les grandes villes.</p>
<p style="text-align:justify;">En 1740, une guerre éclate en Europe, au sujet de la succession d’Autriche. Un troisième conflit franco-anglais s’amorce alors en Amérique. En 1745, des colons de la Nouvelle-Angleterre prennent Louisbourg. Le traité d’Aix la Chapelle, mettant fin à la guerre de succession d’Autriche, rend finalement la ville aux français en 1748. Mais la paix est précaire, et rien n’est réglé entre les deux camps.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/plainspicture.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-58" title="plainspicture" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/plainspicture.jpg?w=300&#038;h=213" alt="plainspicture" width="300" height="213" /></a><em>Le débarquement anglais et la bataille des plaines d&#8217;Abraham</em></p>
<p style="text-align:justify;">Une quatrième et dernière guerre franco-anglaise a lieu en Amérique au moment de la guerre de sept ans (1756-1763), qui a opposé les deux pays pour la suprématie coloniale. Côté français, le marquis de Montcalm est envoyé pour défendre les possessions françaises en Amérique. Une série de brillantes victoires marquent ses débuts. Côté anglais, James Wolfe et Jeffrey Amherst frappent fort en emportant Louisbourg, en 1758. Dès lors, l’armée anglaise, soutenue par les miliciens américains, remonte audacieusement le fleuve Saint-Laurent en direction de Québec. Le débarquement anglais provoque la bataille des plaines d’Abraham, restée célèbre, pendant laquelle les deux commandants d’armée Wolfe et Montcalm perdent la vie. L’année suivante, en 1760, Montréal tombe et la Nouvelle France est complètement brisée par les anglais. Le traité de Paris, en 1763, donne la Nouvelle France à l’Angleterre. La couronne anglaise devient alors seule maîtresse en Amérique du nord.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/benjamin_west_005.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-59" title="Benjamin_West_005" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/benjamin_west_005.jpg?w=300&#038;h=211" alt="Benjamin_West_005" width="300" height="211" /></a><em>La mort du Général Wolfe par Benjamin West</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoireusa.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoireusa.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoireusa.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoireusa.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoireusa.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoireusa.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoireusa.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoireusa.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoireusa.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoireusa.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoireusa.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoireusa.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoireusa.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoireusa.wordpress.com/56/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=56&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Une longue dégradation</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2009 12:44:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Révolution et indépendance]]></category>

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		<description><![CDATA[Les 13 colonies En 1763, le traité de Paris cèle la paix en Amérique du Nord et laisse l’Angleterre seule maîtresse des colonies. La menace française est éradiquée, après plus d’un demi-siècle de rivalités. Cette victoire possède quelques effets pervers. Soulagés de la menace française, les habitants des colonies s’éloignent de l’empire britannique, dont ils [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=70&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/les-13-colonies.gif"><img class="aligncenter size-medium wp-image-103" title="les 13 colonies" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/les-13-colonies.gif?w=238&#038;h=300" alt="les 13 colonies" width="238" height="300" /></a><em>Les 13 colonies</em></p>
<p style="text-align:justify;">En 1763, le traité de Paris cèle la paix en Amérique du Nord et laisse l’Angleterre seule maîtresse des colonies. La menace française est éradiquée, après plus d’un demi-siècle de rivalités. Cette victoire possède quelques effets pervers. Soulagés de la menace française, les habitants des colonies s’éloignent de l’empire britannique, dont ils n’ont plus besoin de la protection pour se développer. Une opposition se développe, sur le sol des colonies, entre les miliciens américains et les régiments du roi. C’est dans ce climat déjà lourd que la couronne britannique, ruinée par le conflit avec la France, va lever des impôts pour éponger sa dette de guerre. Les Américains, pour leur part, ont l’impression d’avoir déjà payé ce conflit par le sang. L’aversion des américains envers les britanniques va croître rapidement, jusqu’à la guerre d’indépendance en 1775. On peut dire que la victoire sur les français a amené, à terme, la sécession des colonies américaines. Dans les paragraphes suivants, nous allons passer en revue les différentes causes ayant, chronologiquement, poussé la population américaine à la lutte.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le souci fiscal et commercial</strong> – L’Angleterre interdit à ses colonies la transformation des matières premières en produits, elle se réserve le privilège de l’activité manufacturière. L’Angleterre pousse les colonies à acheter des produits britanniques, limite les importations étrangères et régule le commerce en Amérique. La frustration américaine se comprend donc premièrement commercialement.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>La limitation de l’expansion territoriale</strong> – Par la proclamation du 7 octobre 1763, le roi d’Angleterre George III limite les ardeurs américaines et interdit toute expansion territoriale au-delà des Appalaches (la ligne tracée est celle représentée en rouge sur la carte ci-dessus). Sous prétexte de ménager les indiens, la couronne anglaise cantonne la population américaine sur la côte est dans le but commercial de concentrer la population blanche sur la façade atlantique afin de préserver l’écoulement des produits britanniques. Les britanniques veulent aussi limiter l’expansion vers l’ouest pour éviter les risques de morcellement du territoire et la formation de républiques indépendantes. Mais faute de pouvoir devenir pionniers, les colons américains peuvent dès lors devenir rebelles</p>
<h2>Le Sugar Act (1763)</h2>
<p style="text-align:justify;">Progressivement, la couronne anglaise tente d’impliquer les colonies dans le remboursement des monumentales dettes publiques britanniques. Jugés partiellement responsables de cet endettement, les américains subissent le double poids des rentrées fiscales accrues et de la lutte contre la contrebande. En mars 1763, le parlement anglais décide du Sugar Act, qui tente d’imposer que le profit du commerce colonial doit revenir à la métropole, avec une pénalité financière pour chaque quantité de sucre achetée aux français ou aux espagnols.</p>
<h2>Le Currency Act (1764)</h2>
<p style="text-align:justify;">L’acte sur la monnaie, décidé en 1764, interdit aux colonies l’émission de billets de banque, dans le but de renforcer la prépondérance monétaire de l’Angleterre et la toute puissance du livre sterling.</p>
<h2>Le Stamp Act (1765)</h2>
<p style="text-align:justify;">L’acte sur le timbre, qui impose l’achat d’un timbre fiscal pour tous les documents légaux (jusqu’aux journaux, brochures, almanachs, cartes à jouer et dés) est proposé par George Grenville, premier ministre du roi. A cette nouvelle saignée, les treize colonies américaines opposent qu’il « ne peut y avoir d’impôts sans représentation parlementaire » (no taxation without representation), ouvrant par là, en plus de la contestation commerciale, le débat constitutionnel. Grenville demeure inflexible face au vif mécontentement que suscite la loi en Amérique. L’assemblée de la colonie de Virginie appele le 8 juin 1765 les autres colonies à se joindre à elle pour demander au roi et au parlement de revenir sur le Stamp Act.</p>
<p style="text-align:justify;">En Août, Boston est en proie à des émeutes. Des rebelles se réunissent sous le titre de Sons of Liberty, &#8220;les fils de la liberté&#8221;. La plupart des agissements consistent en des destructions de bien, intimidations, menaces et pendaisons d’effigie. Dans les mois qui suivent, plusieurs émeutes ont lieu dans les colonies en direction des agents du timbre. Entre le 7 et le 25 octobre 1765 à New York, des représentants de neuf colonies se réunissent pour affirmer leur opposition à la nouvelle loi, par une « déclaration des droits et des griefs ». Il n’est pour le moment pas question de s’opposer directement à la couronne anglaise et l’assemblée affirme sa fidélité au roi George III. Il est important de comprendre que l’opposition croissante des colonies à la couronne anglaise n’est pas idéologique, mais issue de l’expérience. Il n’y a pas de sentiment anti-britannique chez les américains de l’époque, un bon nombre d’entre eux se sentant d’ailleurs avant tout anglais.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/9colonies-stamp-act.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-76" title="9colonies stamp act" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/9colonies-stamp-act.png?w=300&#038;h=156" alt="9colonies stamp act" width="300" height="156" /></a><em>En 1767 les Fils de la liberté adoptent un drapeau<br />
à neuf bandes verticales, symbolisant les neuf colonies<br />
présentes lors de l’assemblée de New York contre le Stamp Act.</em></p>
<h2>Declaratory Act (1766)</h2>
<p style="text-align:justify;">Grenville, impopulaire, est finalement remplacé par le marquis de Rockingham (Charles Watson-Wentworth), qui ne tiendra son poste qu’une année. Le nouveau premier ministre abroge le Stamp Act et, pour éviter à l’Angleterre de perdre la face, décide dans la foulée du Declaratory Act, qui réaffirme l’autorité du parlement sur les treize colonies, au détriment des assemblées coloniales. Le révolutionnaire Thomas Paine écrira plusieurs années après l’événement que le Declaratory Act « réduisait l’Amérique à l’état non seulement le plus bas, mais aussi le plus abject de la vassalité ».</p>
<h2>Les Townshend Acts (1767-1770)</h2>
<p style="text-align:justify;">Le problème reste inchangé pour le gouvernement britannique : comment dégager de nouvelles rentrées d’argent ? En Amérique, la résistance à l’autorité de la couronne ne disparaît pas avec le Stamp Act. Le Quartering Act, loi qui obligeait les américains à accueillir et à nourrir les soldats anglais, est rejetée par l’assemblée de New York en décembre 1766. L’année suivante, quatre lois composant les Townshend Acts sont promulguées. La première loi impose à l’état de New York l’acceptation du Quartering Act, la seconde établit des droits de douane, notamment sur le thé. La troisième résolution est l’établissement d’un bureau de douane à Boston, ville réputée comme la plus frondeuse des colonies. Enfin, le dernier des Townshend Acts prévoit la détaxe du thé britannique, afin de favoriser le monopole de l’East India Company. Les américains protestent évidemment contre ces nouvelles lois. En février 1768, la General Court du Massachusetts demande au roi l’abrogation des droits douaniers imposés par les Townshend Acts. William Hill, jeune et nouveau secrétaire d’état, demande en réaction au gouverneur Francis Bernard de dissoudre cette assemblée. Soutenue par les autres colonies, le Massachussetts refuse d’obtempérer et un boycott des importations britanniques s’organise. La Couronne britannique fait alors débarquer des troupes à Boston, officiellement pour protéger les fonctionnaires. La population se montre hostile et jusque fin 1769 les provocations et incidents se multiplient à l’égard des militaires britanniques. Cette agitation génère de nombreuses polémiques politiques en Angleterre, et le gouvernement change à nouveau de meneur ; début 1770, Grafton jusqu’alors au pouvoir, est remplacé par Lord North. A l’exception de la taxe sur le thé, toutes les lois du Townshend Acts sont finalement abandonnées. Lord North écarte le Quartering Act et demande aux troupes de Boston de se retirer. Malheureusement, un événement va venir contrarier cette tentative d’apaisement.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<h2>Le massacre de Boston (1770)</h2>
<p style="text-align:justify;">Une très forte tension régnait à Boston depuis qu’un informateur des douanes avait tiré sur une foule menaçante, devant sa maison, et tué ainsi un enfant de onze ans. Le 5 mars 1770, dans la King Street de Boston, une foule se rassemble devant le bureau des douanes, face aux sentinelles britanniques, commandées par le capitaine Preston. Les soldats reçoivent des jets de boules de neige et tirent, dans la panique, tuant cinq civils. « Le Massacre de Boston » va servir la cause des rebelles, en élevant les défunts au rang de martyrs et en permettant aux différents illustrateurs de stigmatiser la brutalité britannique. Malgré tout, l’énorme tension suscitée par cette affaire finit par retomber. La tâche douanière demeure toutefois difficile à mener pour les britanniques en Amérique. Les résistances sont nombreuses et les officiers de la majesté risquent toujours leur vie dans les treize colonies. En 1772, le Gaspée, un navire dépêché pour la répression de la contrebande, est incendié.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/bloody-massacre-boston-paul-revere.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-78" title="bloody massacre boston paul revere" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/bloody-massacre-boston-paul-revere.jpg?w=247&#038;h=300" alt="bloody massacre boston paul revere" width="247" height="300" /></a><em>La célèbre gravure de Paul Revere, &#8220;Le massacre sanglant&#8221;.<br />
Les soldats britanniques sont alignés froidement, comme pour une<br />
exécution calculée, alors qu&#8217;ils étaient en réalité empêtrés dans une émeute</em></p>
<p style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><br />
</strong></p>
<h2><strong> </strong>Le Tea Act (1773)</h2>
<p style="text-align:justify;">En mai 1773, le gouvernement britannique passe une loi sur le thé, toujours pour soutenir la East India Company en difficulté. Cette entreprise obtient de la part du gouvernement un monopole sur le marché américain. Cette mesure entraîne la ruine à venir des marchands indépendants. La manœuvre est perçue comme une entrave aux libertés et les protestations de toute sorte pleuvent. Les pressions rendent difficile le débarquement des cargaisons, acheminées par bateau au travers l’Atlantique. A Boston, le soir du 16 décembre 1773, une foule menée par John Hancock et Sam Adams, déguisée en indiens mohawks, monte à bord des navires et jette à la mer toutes les cargaisons de thé. Cette émeute revêt une haute valeur symbolique, on l’appellera plus tard la Boston Tea Party.</p>
<h2>Les lois intolérables (1774)</h2>
<p style="text-align:justify;">Évidemment, cette insubordination ne pouvait être laissée impunie par la couronne britannique. Le parlement anglais fait donc passer en réaction une série de lois dites « intolérables » ou « scélérates ». Le port de Boston est fermé et ne pourra être rouvert que lorsque la ville aura compensé financièrement les pertes et versé des dommages et intérêts. Autres mesures, le conseil de la colonie n’est plus élu mais choisi par la couronne et toutes les réunions en ville sont interdites. Les américains s’organisent donc en marge des institutions officielles. Dans ces lois, on trouve aussi le Quebec Act, qui donne à l’ancien territoire français un régime civil, reconnaissant les lois françaises et les droits politiques des catholiques. En accédant aux volontés des voisins canadiens, les britanniques attisent la colère des américains. Mais la manœuvre, effectuée dans ce but ou non, a le mérite d’empêcher une hypothétique coalition entre canadiens et américains contre la couronne.</p>
<h2>Le Congrès continental de Philadelphie (1774)</h2>
<p style="text-align:justify;">Organisé pour coordonner les actions des Treize colonies face à l’Angleterre, le congrès continental se tenant à Philadelphie devient vite un organe de gouvernement. Cinquante-six délégués, envoyés par les colonies, composent ce congrès. On y trouve entre autres John Adams, du Massachusetts et George Washington, dépêché par le Virginie. Ces deux futurs présidents comptent parmi les radicaux de l’assemblée, très opposés aux britanniques. D’autres éléments, menés par Joseph Galloway, sont plus conservateurs, soit qu’ils soient fidèles à la couronne et donc loyalistes ou juste soucieux de préserver les liens commerciaux avec l’Angleterre. Lors de cet événement, Patrick Henry réussit à fédérer, au moins spirituellement, les différents représentants. Il déclare : « Les distinctions entre habitants de la Virginie, de la Pennsylvanie, de New York et de la Nouvelle-Angleterre ont disparu . Je ne suis pas Virginien, je suis Américain ». Ce premier congrès débouche en octobre 1774 sur la Declaration of Rights and Grievances (Déclaration des droits et des doléances) qui réaffirme le droit des américains à être représentés politiquement et à décider de leur propre législation. Dans la foulée, l’Association Continentale est créée pour organiser le boycott des produits britanniques afin de réclamer l’abrogation des lois intolérables. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine afin de faire le point sur la situation. Mais quand les membres du Congrès se retrouveront en mai 1775, les hostilités entre américains et britanniques auront déjà débuté.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-109" title="premier congrès continental" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/05/premier-congres-continental.jpg?w=490" alt="premier congrès continental"   /><em>Le premier congrès continental par Allyn Cox</em></p>
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		<title>La guerre d&#8217;indépendance</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 13:11:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Révolution et indépendance]]></category>

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		<description><![CDATA[« Donnez moi la liberté ou donnez moi la mort ! ». C&#8217;est la phrase lancée par Patrick Henry en mars 1775, lors de la deuxième convention révolutionnaire de Virginie, dans un discours resté fameux. Les revendications des colons ne sont plus simplement fiscales, elles concernent  maintenant les droits et libertés des américains. En avril 1775, à Concord [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=112&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">« Donnez moi la liberté ou donnez moi la mort ! ». C&#8217;est la phrase lancée par Patrick Henry en mars 1775, lors de la deuxième convention révolutionnaire de Virginie, dans un discours resté fameux. Les revendications des colons ne sont plus simplement fiscales, elles concernent  maintenant les droits et libertés des américains.</p>
<p style="text-align:justify;">En avril 1775, à Concord et à Lexington, près de Boston, les premiers coups de feu retentissent entre britanniques et américains. La guerre est engagée. Le second congrès continental s’ouvre en mai dans le Pennsylvania State House de Philadelphie renommé Independence Hall. Ce second congrès est beaucoup plus radical que le premier. Galloway n’en fait plus partie et les modérés ont cédé du terrain aux radicaux. Benjamin Franklin, de retour d’Angleterre, fait partie de l’assemblée. On trouve aussi John Hancock, un puissant commerçant de Boston, les cousins Sam et John Adams, Patrick Henry le fameux révolutionnaire, Thomas Jefferson, un jeune avocat Virginien et l&#8217;ancien colonel d&#8217;armée britannique George Washington. Le Congrès exhorte le Canada à se joindre à la lutte pour l’indépendance Américaine ou, du moins, à ne pas soutenir l’Angleterre dans la guerre. Le pays constituait en effet une base de repli idéal pour les britanniques. « L’armée continentale » est placée sous le commandement du charismatique Georges Washington, le militaire le plus expérimenté du Congrès. Le congrès tente une dernière tentative de conciliation avec l’Olive branch petition, rédigé par John Dickinson, sans y croire véritablement, et peut-être dans le principal but de placer les britanniques dans le rôle de l’agresseur. Les américains étaient encore à l’époque pour une large part favorables à la réconciliation et les manœuvres politiques avaient une importance considérable pour influencer l’opinion. Le 23 août, une proclamation du roi George III condamne définitivement les rebelles américains, scellant l’intransigeance du monarque vis-à-vis d’un congrès qu’il juge complètement illégal et illégitime. C’est désormais officiel : les colonies américaines sont en rébellion.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-114" title="washington commandant second congres" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/washington-commandant-second-congres.jpg?w=300&#038;h=206" alt="washington commandant second congres" width="300" height="206" /><em>Washington, désigné commandant en chef lors du Second Congrès</em></p>
<p style="text-align:justify;">Le conflit se poursuit à Boston où le général britannique Gage tient les hauteurs qui surplombent Boston, conquises au prix de plus d’un millier d’hommes ; c’est la bataille de Bunker’s Hill. L’événement démontre que des miliciens peuvent tenir tête à la prestigieuse armée britannique. A la suite de cette bataille, le général Howe remplace le général Gage à la tête des forces britanniques en Amérique du nord.</p>
<p style="text-align:justify;">Le 3 juillet 1775, George Washington prend possession de son armée, de simples citoyens peu disciplinés avec lesquels il doit bâtir l’armée des « Provinces Unies d’Amérique du Nord ».  Dépourvue d’artillerie lourde et encore sous-entrainée, l’armée de Washington ne peut pour le moment engager le siège de la ville de Boston.</p>
<p style="text-align:justify;">En 1776 est publié un pamphlet anonyme (signé « par un anglais »), le Sens commun, véritable best-seller de la révolution américaine. Son auteur est Thomas Paine, un anglais débarqué dans les colonies deux ans auparavant. Paine fait prendre conscience à l’Amérique de sa propre révolution, et mêle le combat pour la liberté aux idéaux de la république. Brillant pamphlétaire, doté d’un sens aigu de la formule, Thomas Paine termine son Sens commun par « C’est le moment de nous séparer ». Grâce à ce texte, la cause de l’indépendance trouve un écho très favorable dans l’opinion américaine.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/thomas-paine.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-116" title="thomas paine" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/thomas-paine.jpg?w=230&#038;h=300" alt="thomas paine" width="230" height="300" /></a><em>Portrait de Thomas Paine par Auguste Millière</em></p>
<p style="text-align:justify;">En prenant ses distances avec les britanniques, les colonies américaines, construites sur le modèle législatif anglais, se devaient de trouver de nouvelles bases en terme d’organisation et d’administration. Entre janvier 1776 et avril 1777, toutes les colonies américaines se dotent donc d’une constitution propre. En parallèle, chaque colonie, devenue état, se dote d’un gouvernement propre et définit ses représentants au Congrès.</p>
<p style="text-align:justify;">Le 7 juin 1776, Richard Henry Lee demande devant le congrès l’indépendance américaine : « Ces colonies unies sont et doivent être, de droit, des États libres et indépendants, elles ont perdu tout allégeance envers la Couronne britannique, et tout lien politique entre elles et l’Etat de Grande-Bretagne est totalement dissous ». Cependant, l’idée d’indépendance divise au Congrès. Ce n’est qu’après plusieurs jours de débat, le 11 juin 1776, qu’un comité de cinq membres est chargé par le Congrès continental de rédiger une déclaration d’indépendance : John Adams, Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Robert Livingston et Roger Sherman. C’est Thomas Jefferson, avocat, qui rédige une première mouture du texte, jugée trop incisive et provocante par ses collègues qui le retouchent. Le 4 juillet 1776, après d’intenses discussions, le texte est adopté par le Congrès.</p>
<p style="text-align:justify;">Un <a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/declaration-dindependance-trumbull.jpg">célèbre tableau </a>de John Trumbull représente les pères fondateurs des Etats Unis au grand complet, réunis solennellement autour de la signature de la déclaration d&#8217;indépendance. En réalité, parmi ces grands personnages, seul John Hancock était là ce jour pour apposer sa très distinctive signature sur le précieux document. La vidéo suivante, extraite de la mini-série HBO consacrée à la vie de John Adams, illustre le dégoût du père fondateur à la fin de sa vie pour cet irréalisme.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://histoireusa.wordpress.com/2009/05/10/la-guerre-dindependance/"><img src="http://img.youtube.com/vi/dFW7mGtm0j0/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p style="text-align:justify;">Le texte débute par l’affirmation que « tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables : parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits ». Après une liste des forfaits commis par George III, la déclaration se conclue par la signification de l’indépendance « en états libres et indépendants ». La déclaration d’indépendance s’inspire de la Déclaration des droits de Virginie, adoptée le 12 juin 1776 et rédigée par le juriste George Mason. Ce texte inspirera beaucoup des Déclarations à venir, de celle de 1789 à celle des Nations Unies.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/declaration-dindependance-americaine.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-120" title="declaration d'independance américaine" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/declaration-dindependance-americaine.jpg?w=252&#038;h=299" alt="declaration d'independance américaine" width="252" height="299" /></a><em>La déclaration d&#8217;indépendance américaine</em></p>
<p style="text-align:justify;">Les états étaient donc désormais indépendants et libres. Il fallait toutefois travailler à leur union politique et militaire. John Dickinson, chargé de travailler sur le sujet, propose en juillet la création des « États-Unis d’Amérique », pour que « lesdites colonies s’unissent afin de ne jamais être divisées par quelque loi que ce soit ». Mais des questions de l’ordre de l’organisation politique (mode de scrutin, représentation) restent en suspens. De plus, des revendications territoriales émergent chez différents états.</p>
<p style="text-align:justify;">Pendant ce temps, le général Howe et ses troupes se sont retirés de Boston pour se renforcer. Déboutés de Charleston, Howe et ses troupes s’approchent de New York en juin 1776. Le général est à la tête d’une force impressionnante de 34 000 hommes ; tuniques rouges, mais aussi mercenaires allemands. La première bataille de New York, le 27 Août, se solde par une victoire britannique. Une seconde bataille, le 15 septembre à Manhattan, réaffirme la prépondérance anglaise. Le 20 septembre, New York est aux mains des britanniques et les américains mettent le feu à leur ville pendant leur fuite, pour éviter que celle-ci ne tombe entre des mains ennemies.</p>
<p style="text-align:justify;">Fin 1776, le moral des troupes de Washington est sérieusement miné par la défaite. Washington concède du terrain aux anglais, se repliant en Pennsylvanie.  Mais c’est en cette fin d’année 1776 que le général américain a « une idée de génie », pour reprendre une expression répandue au sujet de cet acte devenu mythique dans l’histoire américaine. La nuit de Noël 1776, Washington fait franchir le fleuve Delaware à ses armées pour aller attaquer la ville de Trenton où étaient localisées les troupes allemandes. L’opération est une réussite, les troupes de Washington font un millier de prisonniers et quelques hommes seulement dans l’armée américaine y laissent la vie. Une seconde victoire à Princeton confirme le coup d’éclat de Washington quelques jours plus tard. Plus que militaires, ces victoires sont patriotiques ; elles redonnent le moral aux américains et permettent aux miliciens et à l’armée régulière de faire corps.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/whasington-traversant-le-delaware.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-124" title="Whasington traversant le delaware" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/whasington-traversant-le-delaware.png?w=300&#038;h=176" alt="Whasington traversant le delaware" width="300" height="176" /></a><em>Washington</em><em> traversant le Delaware<br />
par </em><em>Emanuel Gottlieb Leutze </em></p>
<p style="text-align:justify;">Les britanniques souffrent d’un problème de commandement. S’il n’y a qu’un seul maître de l’armée côté américain en la personne de George Washington, côté britannique, l’autorité est partagée entre les généraux Howe et Burgoyne. En Août 1777, Howe débarque au sud de Philadelphie et s’empare de la capitale le mois suivant. A cette défaite va s’ajouter celle de Germantown, en Pennsylvanie. Malgré ces deux importantes réussites, le manque de coordination des opérations anglaises va priver les britanniques du triomphe. Alors que Howe est en Pennsylvanie, Burgoyne s’apprête à fondre sur les États-Unis en partance du Canada. Mais le chef d’armée, abandonné par les canadiens et les amérindiens qui composaient la moitié de son armée initiale, se retrouve piégé à Saratoga, loin de ses bases et cerné par les troupes américaines du général Horatio Gates. Burgoyne finit par admettre sa reddition en octobre.</p>
<p style="text-align:justify;">Du côté institutionnel, le Congrès est amené à assumer un rôle gouvernemental au nom des Etats-Unis d’Amérique depuis plusieurs années maintenant. Son autorité n’a toutefois pas de statut légal, jusqu’à l’adoption des Articles de la Confédération en novembre 1777. Ces articles confirment « l’union perpétuelle » qui lie les treize états d’Amérique, tout en réaffirmant leur souveraineté. Le Congrès se charge officiellement du pouvoir de déclencher une guerre, de signer la paix et de nommer des ambassadeurs. Un exécutif nommé « Le comité des États » doit siéger en l’absence du Congrès.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/13-drapeau-usa.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-125" title="13 drapeau usa" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/13-drapeau-usa.png?w=300&#038;h=158" alt="13 drapeau usa" width="300" height="158" /></a><em>Le 14 juin 1777, les États-Unis d’Amérique se dotent<br />
d’un drapeau à treize rayures rouges et blanches et de<br />
treize étoiles blanches sur fond bleu représentant l’union.</em></p>
<p style="text-align:justify;">Malgré la victoire emblématique de Saratoga, l’armée américaine apparaît bien faible et est mise à l’épreuve par le rude hiver 1777-1778. Le conflit s’internationalise alors, avec l’entrée en scène de la France comme soutien de poids. La France était déjà symboliquement aux côtés du général Washington, en la personne du Marquis de la Fayette, parti soutenir la révolution américaine sans attendre l’autorisation royale&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Depuis un an, la France était invitée par l’Amérique à combattre les anglais dans le nouveau monde, mais le roi Louis XVI et son contrôleur des finances Turgot partageaient de fortes réticences. En 1778, craignant une réconciliation américano-anglaise toujours tentée par le gouvernement britannique, la monarchie française précipite sa décision et signe deux traités de soutien aux États-Unis, l’un commercial, l’autre militaire, engageant la France dans le conflit jusqu’à l’obtention de l’indépendance. L’Amérique doit beaucoup à Benjamin Franklin, alors représentant des États-Unis en France, qui a négocié cette alliance capitale. L’hexagone apporte en effet à l’Amérique la puissance navale qui lui fait cruellement défaut pour combattre les britanniques. Des frappes coordonnées terre/mer seront désormais possibles. De plus, Louis XVI réussit à impliquer dans la guerre l’Espagne, désireuse de reprendre Gibraltar aux Anglais. Le rapport de force tourne maintenant clairement à l’avantage des États-Unis.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/marquis-de-lafayette.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-126" title="Marquis de Lafayette" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/marquis-de-lafayette.jpg?w=246&#038;h=300" alt="Marquis de Lafayette" width="246" height="300" /></a><em>Le marquis de Lafayette</em></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoireusa.wordpress.com/112/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoireusa.wordpress.com/112/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoireusa.wordpress.com/112/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoireusa.wordpress.com/112/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoireusa.wordpress.com/112/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoireusa.wordpress.com/112/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoireusa.wordpress.com/112/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoireusa.wordpress.com/112/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoireusa.wordpress.com/112/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoireusa.wordpress.com/112/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoireusa.wordpress.com/112/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoireusa.wordpress.com/112/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoireusa.wordpress.com/112/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoireusa.wordpress.com/112/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=112&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>L’âge critique et la Constitution</title>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2009 08:16:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Révolution et indépendance]]></category>

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		<description><![CDATA[Libérés de la domination anglaise, les États-Unis doivent faire face à un nouveau défi : trouver leur identité et leur équilibre politique. Les Articles de la Confédération tiennent lieu de Constitution lors des années 1780, mais le pays reste fragile. Les « continentalistes », menés par Alexander Hamilton, souhaitent une réelle union fédérale et s’opposent à une partie [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=132&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Libérés de la domination anglaise, les États-Unis doivent faire face à un nouveau défi : trouver leur identité et leur équilibre politique. Les Articles de la Confédération tiennent lieu de Constitution lors des années 1780, mais le pays reste fragile. Les « continentalistes », menés par Alexander Hamilton, souhaitent une réelle union fédérale et s’opposent à une partie de l’opinion qui souhaite que les États-Unis d’Amérique ne restent qu’une simple agrégation d’états indépendants. Le rôle du gouvernement central pose problème : doit-il être un pouvoir occasionnel délégué par les états ou un authentique pouvoir national ? Cette question est centrale lors des années 1780, un temps de polémiques et d’incertitudes qui a été appelé « l’âge critique » de l&#8217;histoire des États-Unis.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/alexander-hamilton.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-134" title="alexander hamilton" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/alexander-hamilton.jpg?w=227&#038;h=300" alt="alexander hamilton" width="227" height="300" /></a><em>Alexander Hamilton</em></p>
<p style="text-align:justify;">Lors du printemps 1783, une première crise ébranle le pays, c’est la conspiration de Newburgh. Il s’agit d’une collusion voulue entre l’armée continentale et les créanciers, souhaitée par Alexander Hamilton et le gouverneur Robert Morris. En mars, une lettre anonyme circule à Newburgh, menaçant que l’armée ne se disperserait pas si l’on ne répondait pas favorablement à certaines revendications économiques. Cette tentative de coup d’état demeure obscure, elle est montée par les nationalistes, partisans d’une fiscalité fédérale et d’une centralisation forte.  Cette première crise démontre la faiblesse des institutions en place et souligne la nécessité d’une réforme constitutionnelle. Washington ne cède pas à la conspiration, il refuse le coup d’état militaire qui se fomente autour de lui. Le 20 décembre, le général remet sa fonction de commandant au Congrès et se retire de la vie publique, pense-t-il alors définitivement.</p>
<p style="text-align:justify;">Le 3 septembre 1783, la paix entre les britanniques et les américains trouve finalement un aboutissement officiel : le traité est ratifié à Paris par les deux camps. La paix se préparait depuis 1779 avec la nomination de John Adams comme négociateur officiel avec l’Angleterre. Le fait marquant de cette paix est que les américains émergent comme une nation adulte et véritablement indépendante en se dégageant de la tutelle française. En novembre 1783, un traité préliminaire avait été négocié par les États-Unis seuls face à l’Angleterre, ce qui avait provoqué la colère du ministre français Vergennes.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/traite-de-paris-par-benjamin-west.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-135" title="traité de paris par benjamin west" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/traite-de-paris-par-benjamin-west.jpg?w=300&#038;h=225" alt="traité de paris par benjamin west" width="300" height="225" /></a><em>Le Traité de Paris par Benjamin West.  De gauche à<br />
droite : John Jay, John Adams, Benjamin Franklin,<br />
Henry Laurens et William Temple Franklin.<br />
La délégation anglaise a refusé de poser.</em></p>
<p style="text-align:justify;">Par le traité de paix, la carte des États-Unis est maintenant officiellement redélimitée. Le pays va des grands lacs au nord, au Mississipi à l’ouest et au jusqu’au 31<sup>ème</sup> parallèle au sud. L’immense Louisiane, au-delà du Mississipi, et la Floride au sud sont sous contrôle espagnol (voir la carte ci-dessous). La Grande Bretagne quant à elle conserve le Canada et la Nouvelle Ecosse.  Les États-Unis organisent méthodiquement la colonisation de nouveaux territoires à l’ouest, pour éviter l’émergence anarchique d’un éventuel nouveau peuple aux velléités d’indépendance.  En mai 1785, le gouvernement organise l’attribution des terres dans ces nouveaux espaces. Cette gestion territoriale est capitale dans la formation du gouvernement fédéral. Pour le moment, l’idée d’un gouvernement central est peu intégrée, ce n’est qu’une vague idée dans l’esprit des américains. En juillet 1787, une ordonnance officialise la création de nouveaux états dans le nord-ouest. Ces territoires, au nord de la rivière Ohio, étaient revendiqués par la Virginie et ont finalement été cédés aux États-Unis. Chaque territoire nouvellement délimité deviendra un état une fois que la population aura dépassé les 60 000 âmes. Le nouvel état pourra alors se doter d’un gouverneur, d’une milice, et de représentants.</p>
<p><em> </em><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/carte-cote-est-americaine-1783.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-137" title="Carte cote est américaine 1783" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/carte-cote-est-americaine-1783.png?w=189&#038;h=300" alt="Carte cote est américaine 1783" width="189" height="300" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">L’Ordonnance instaure aussi l’abolition de l’esclavage dans les nouveaux états du nord-ouest. Cette mesure n’est pas prise pour des raisons humanistes mais par souci économique. Elle est d’ailleurs appuyée par les états du sud, qui obtiennent par là un avantage compétitif sur les états du nord-ouest, en gardant pour eux l’usage d’une main d’œuvre peu coûteuse et servile.</p>
<p style="text-align:justify;">L’enjeu de ces années 1780 est grand. Il s’agit de savoir si l’Amérique va survivre à sa propre libération et connaitre le succès sur la voie de la république. Mirabeau écrit pendant cette période cruciale : « L’Amérique peut, et va même déterminer avec certitude si l’espèce humaine est destinée par la nature à la liberté ou à l’esclavage. Un gouvernement républicain n’a jamais rencontré dans aucune partie du globe des circonstances aussi favorables à son établissement ». La république est en germe aux États-Unis aussi à un niveau sociétal. Le droit d’ainesse et la primogéniture, principes très anglais, sont abolis par l’Ordonnance de 1787. Par là, on abat les fondements d’une société aristocratique en obligeant à une répartition égalitaire de l’héritage. Symboliquement, on abandonne &#8220;les distinctions héréditaires de rang&#8221;. Selon Jefferson, la valeur d’un homme se juge selon ses compétences, selon Franklin, sur son honneur personnel.</p>
<p style="text-align:justify;">Fin août 1786, une rébellion progresse, en partance du Massachusetts. Depuis la paix, les taxes foncières ont augmenté de 60% depuis l&#8217;indépendance, déclenchant la colère des ruraux, dont les terres, hypothéquées, sont déjà menacées. C’est une nouvelle étape dans la crise de la créance, déjà entamée avec la conspiration de Newburgh il y a quelques années. Le leader du mouvement est le capitaine Daniel Shays, vétéran de guerre ayant participé aux prestigieuses batailles de Lexington, Bunker Hill et Saratoga. Shays  et ses hommes occupent les tribunaux, s’opposent à la tyrannie de la créance. Shays regroupe sous ses ordres 1 200 rebelles, essentiellement des fermiers qui luttent contre la saisie de leurs terres pour dettes. Il tente de s’emparer de l’arsenal de Springfield mais est devancé par la milice du Massachusetts, plus rapide. Les rebelles sont battus puis condamnés à  morts et finalement amnistiés.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/daniel-shays.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-139" title="daniel shays" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/daniel-shays.jpg?w=257&#038;h=300" alt="daniel shays" width="257" height="300" /></a><em>Gravure de Daniel Shays</em></p>
<p style="text-align:justify;">En septembre 1786, cinq états envoient leurs représentants pour une Convention en Virginie, à Annapolis. Présidée par John Dickinson, cette convention reconnait la faiblesse des Articles de la Convention et explique la nécessité d’un remodelage institutionnel. Le commerce doit être régulé entre des états dont l’harmonie est de plus en plus compromise. Et cette favorisation du commerce nécessite la considération d’un véritable système fédéral. La situation difficile dans laquelle se trouvent les Etats-unis nécessite, selon les membres de la convention « la sagesse et la vertu conjuguées de tous les membres de la Confédération ». La convention d’Annapolis propose de faire débuter cette réunion salvatrice  en mai à Philadelphie.</p>
<h2 style="text-align:justify;">La Constitution américaine</h2>
<p style="text-align:justify;">En mai 1787, sept états se réunissent à Philadelphie et ouvrent les débats. Le but de cette convention était de corriger les Articles de la Convention. En réalité, un nouveau texte émerge des débats. Quatre mois après le début de la Convention, le 7 septembre, la Constitution est ratifiée par 39 des 42 délégués présents. Il y avait au total 55 délégués. Étaient entre autres absents, Thomas Jefferson, alors à Paris, John Adams, parti pour Londres et John Jay, chargé des relations internationales. En dehors de ces grandes figures, on retrouve tous les visages connus jusqu’ici : George Washington représentant la Virginie, John Dickinson le Delaware, Benjamin Franklin la Pennsylvanie et Alexander Hamilton, New York. Avant d’être unis sous la devise « In God we trust », les américains partageaient une autre maxime : « E pluribus unum », « De plusieurs, un ». C’est précisément ce défi de conjuguer diversité et union que relève la Convention de Philadelphie. Les États-Unis se devaient d’enterrer définitivement leur révolution pour avancer ensemble en partant d&#8217;une nouvelle base.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/pluribus-unum.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-142" title="pluribus unum" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/pluribus-unum.jpg?w=300&#038;h=225" alt="pluribus unum" width="300" height="225" /></a><em>&#8220;E pluribus unum&#8221;, inscrit sur la  monnaie américaine</em></p>
<p style="text-align:justify;">La convention, présidée par George Washington, doit relever le défi d’inventer une nouvelle forme de gouvernement. Les problèmes demeurent nombreux : quelle serait la représentation ? Dépendrait-elle de la démographie ou rendrait-elle les états égaux entre eux, quelque soit leur taille ? L’exécutif serait-il unique ou collectif ? Puissant ou limité ? A quel point devrait-on contraindre la souveraineté des états ?</p>
<p style="text-align:justify;">La convention est un moment crucial dans l’histoire des États-Unis. Dans l’un de ses discours, Benjamin Franklin alors octogénaire déclare : « Rien ne ressemble autant au soleil qui se couche que le soleil levant. Tous les peintres vous le diront. », avant de conclure positivement : « Je pense pour ma part que le soleil se lève ».</p>
<p style="text-align:justify;">Sur la question de la représentation, les deux solutions ont été retenues. Dans une première assemblée, le nombre de représentants de l’état dépend de la population (un représentant pour 30 000 habitants) et au Sénat, une même importance est accordée à chaque état (deux sénateurs par état).  La chambre des représentants et le Sénat forment, à eux deux, le Congrès, qui adopte les lois. Celles-ci sont ensuite soumises au président, qui possède le pouvoir exécutif et jouit d’un droit de véto. Le président est élu par un collège électoral tous les quatre ans.</p>
<p style="text-align:justify;">La Constitution nouvellement formée, pour exister, doit être approuvée par les Etats. Dans les Articles de la Confédération, qui tenaient lieu aux Etats-Unis de Constitution jusqu’alors, il est écrit que toute modification doit être réalisée par le Congrès puis ratifiée par les états. Et tous ne sont pas d’accord avec la Constitution adoptée par la Convention. L’état de New York, par exemple, est un farouche opposant au texte. Son gouverneur y est réticent et deux de ses trois représentants ont quitté la Convention avant son terme. Le troisième représentant de l&#8217;état, Alexander Hamilton, est quant a lui un continentaliste acharné et lutte farouchement en faveur du texte, en publiant entre l’automne 1787 et le printemps 1788 avec son collaborateur James Madison les Federalist Papers dans les journaux new-yorkais.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/scene-de-signature-de-la-constitution-americaine-howard-chandler-christy.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-145" title="Scene de signature de la constitution américaine Howard Chandler Christy" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/scene-de-signature-de-la-constitution-americaine-howard-chandler-christy.png?w=300&#038;h=197" alt="Scene de signature de la constitution américaine Howard Chandler Christy" width="300" height="197" /></a><em>Sur ce tableau représentant la signature de la<br />
Constitution par Christy, trois personnages sont<br />
prédominants :  Washington, qui préside la Convention<br />
et le couple Hamilton/Franklin, au centre de la composition</em></p>
<p style="text-align:justify;">Sur le long terme, les états vont tout de même finir par accepter la Constitution, les uns après les autres. Le Delaware, la Pennsylvanie et le New Jersey acceptent la constitution en décembre 1787, la Géorgie et le Connecticut en janvier 1788, le Massachussetts en février, le Maryland en avril, la Caroline du Sud en mai, le New Hampshire et la Virginie en juin et New York en juillet. Les deux derniers états à adopter le texte sont la Caroline du nord (novembre 1789) et Rhode Island (mai 1790). Cette lenteur est expliquée par la puissance des anti-fédéralistes, majoritaires dans certains états. Pour contrer leurs revendications, James Madison, véritable artisan de la réconciliation, a fait passer plusieurs amendements nommés <em>Bill of Rights</em>, présentés à la Chambre des  représentants en juin 1789. Les dix articles du Bill of Rights apportent certaines garanties comme la liberté religieuse, le port d’arme autorisé pour tous les citoyens. Les libertés individuelles apportées par ces textes ne concernent évidemment pas les esclaves américains, désignés dans la Constitution par le terme de « personne » plutôt que par celui de « citoyen ». La fuite des esclaves pour rejoindre un état non esclavagiste est interdite par un article stipulant que tout esclave marron ne pourra s’affranchir de ses obligations par l’intégration dans un autre état et devra être livré à son propriétaire. Autres exclus, les amérindiens et les femmes, eux aussi considérés comme des « personnes » et non comme des « citoyens ».</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/constitution-americaine.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-146" title="constitution américaine" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/constitution-americaine.jpg?w=247&#038;h=300" alt="constitution américaine" width="247" height="300" /></a><em>Première page de la Constitution</em></p>
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		<title>Les périls intérieurs et la seconde guerre d’indépendance</title>
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		<pubDate>Fri, 08 May 2009 08:01:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Incertitude et précarité]]></category>

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		<description><![CDATA[Début des années 1790, après avoir posé les bases de leur république avec la Constitution,  les États-Unis doivent affronter de longs et lourds problèmes de politique intérieure. George Washington est élu en 1788 à l’unanimité du collège électoral premier président des États-Unis. C’est un héros national incontestable, célébré comme le libérateur, qui assoie son autorité [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=152&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Début des années 1790, après avoir posé les bases de leur république avec la Constitution,  les États-Unis doivent affronter de longs et lourds problèmes de politique intérieure.</p>
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<p style="text-align:justify;">George Washington est élu en 1788 à l’unanimité du collège électoral premier président des États-Unis. C’est un héros national incontestable, célébré comme le libérateur, qui assoie son autorité sur son flegme et son désintéressement. De son vivant, Washington reçoit un grand honneur lorsqu’en 1790, il est décidé que la capitale du pays portera son nom.  Les premiers départements ministériels sont créés. Thomas Jefferson est nommé secrétaire d’Etat, Alexander Hamilton, secrétaire du trésor et Henry Knox devient secrétaire de la guerre. Washington apporte rapidement son soutien à la mouvance fédéraliste américaine, menée par Hamilton. Un système judiciaire fédéral est mis en place avec la Cour suprême, dont John Jay est nommé le premier juge en chef. Autre instance de « consolidation », la banque des États-Unis, créée en 1791 pour accorder des crédits et émettre la monnaie. La banque nouvellement formée centralise toutes les dettes des états, qui s’élèvent à 74 millions de dollars. Le remboursement de la dette devient une priorité pour le gouvernement.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/un-dollar-washington-george.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-154" title="un dollar washington george" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/un-dollar-washington-george.jpg?w=300&#038;h=131" alt="un dollar washington george" width="300" height="131" /></a><em>Dans son ouvrage, André Kaspi énumère les stigmates<br />
de la légende de Washington : « Un état, 7 montagnes, 8 cours d’eau,<br />
10 lacs, 33 comtés, 9 universités 121 villes y compris la capitale fédérale,<br />
portent son nom ». Nous voyons ici le billet de un dollar à son effigie. </em></p>
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<p style="text-align:justify;">Cette mouvance fédéraliste ne va pas faire l’unanimité. Thomas Jefferson va incarner la défense des droits des États, face au fédéraliste Hamilton. Pour le premier, l’on se dirige peu à peu vers l’établissement d’un régime monarchique, pour le second, des « pouvoirs implicites », non énumérés dans les textes constitutionnels, découlent naturellement des pouvoir explicitement répartis. Les deux leaders s’opposent et l’on voit émerger peu à peu les balbutiements du système bipartite américain : d’un côté, les fédéralistes sont partisans d’un régime centralisé fort et de l’autre, les républicains soutiennent des états indépendants, liés entre eux par un gouvernement qui fait ingérence au minimum dans les affaires de chacun. En général, les bourgeois de la côte du nord-est sont fédéralistes et les élites rurales du sud, jouissant d’un pouvoir local plus important, sont républicaines. Ces tensions perdureront jusque la guerre de sécession.</p>
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<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/hamilton-et-jefferson.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-156" title="hamilton et jefferson" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/hamilton-et-jefferson.png?w=300&#038;h=201" alt="hamilton et jefferson" width="300" height="201" /></a><em>Hamilton et Jefferson, premiers chefs en opposition</em></p>
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<p style="text-align:justify;">Les mesures du secrétaire du trésor Alexander Hamilton, concernant le remboursement de la dette et la création de la banque des États-Unis, se heurtent donc à la contestation de Thomas Jefferson. D’autres points de friction émergent entre les deux hommes, sur le terrain des relations internationales. Hamilton est partisan du modèle politique anglais, tandis que Jefferson est un fervent supporter de la révolution française dans laquelle il perçoit la consécration des principes de la révolution américaine. Sur le plan économique, Jefferson l’agricole s’oppose à Hamilton l’industriel. En 1793, Jefferson démissionne de son poste de secrétaire d’état et l’opposition se durcit entre lui et Hamilton, maintenant opposés en deux camps bien distincts ; les républicains-démocrates et les fédéralistes. Malgré que la Constitution condamne les « factions », deux partis opposés sont bien nés. La révolution française et la guerre qui oppose la France à l’Angleterre influencent beaucoup la vie politique américaine et retranchent les deux camps derrière leur position. Plusieurs affaires illustrent cette tension. Celle, par exemple, du « citoyen Genêt », chargé par la France révolutionnaire de venir rappeler aux américains leur engagement aux côtés des français et d’obtenir des États-Unis des navires. Autre affaire, celle du traité conclu par Jay entre les Etats-Unis et l’Angleterre en 1794, qui provoque la colère des républicains de Jefferson, qui taxent le texte d’anticonstitutionnel.</p>
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<p style="text-align:justify;">Cet étiolement idéologique de la scène politique va trouver un exutoire dans la campagne présidentielle de 1796. Après deux mandats, George Washington refuse de se représenter à nouveau pour la présidence. C’est une règle tacite que Washington établit là, règle qui ne sera brisée qu’une seule fois par Franklin Roosevelt. John Adams, le vice-président de Washington pendant ses deux mandats, lui succède. Ce fédéraliste va devoir gouverner avec Thomas Jefferson, adversaire politique à la tête des républicains, arrivé en deuxième position et nommé vice-président. La cohabitation est relativement paisible jusqu’en 1798 et les lois contre les « séditieux », votées par les fédéralistes majoritaires au Congrès. Talleyrand, ministre des affaires étrangères du Directoire, exige des États-Unis un cadeau personnel et un prêt à la France avant l’entame de toute négociation. Les États-Unis se sentent insultés et les fédéralistes vont profiter de la situation pour voter les Sedition et Alien Act, qui ont en réalité plus dans le viseur les républicains que l’influence française. L’Alien Act donne au président le pouvoir d’expulser tout étranger suspect et repousse de cinq à quatorze années la durée de séjour nécessaire sur le sol américain pour devenir citoyen. Le Sedition Act fait de toute attaque ou critique contre un membre du gouvernement un crime. Les républicains réagissent violemment à ces lois qui portent atteinte aux libertés fondamentales.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/john-adams.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-159" title="John Adams" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/john-adams.jpg?w=245&#038;h=300" alt="John Adams" width="245" height="300" /></a><em>John Adams, second présidents des États-unis</em></p>
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<p style="text-align:justify;">En 1800, de nouvelles élections provoquent un nouveau déchaînement. Les deux partis se déchirent et la presse se montre particulièrement virulente. John Adams est battu de très peu par le républicain Thomas Jefferson qui va, loin de l’explosion attendue, dessiner la nouvelle voie du rassemblement national. « Nous sommes tous des républicains, nous sommes tous des fédéralistes » déclare Jefferson lors de son entrée en fonction. Le troisième président américain souhaite unir son pays dans la conquête de l’ouest. Ce projet est menacé par l’ambition française, grandissante sous Bonaparte. En 1801, le traité de San Ildefonso donne à la France la Floride et la Louisiane, jusqu’alors espagnoles. Le projet de Bonaparte est de consolider l’empire français en Amérique du nord. Mais un premier échec cuisant va limiter son appétit. L’armée de Leclerc, envoyée occuper les Caraïbes, est décimée par les fièvres tropicales. Délaissant son rêve américain, Napoléon Bonaparte confie la vente de la Louisiane à ses ministres. Les américains, qui ne convoitaient à la base que la Nouvelle-Orléans, acceptent d’acheter la Louisiane pour 60 millions de francs en 1803. Thomas Jefferson, qui a organisé cet achat, double par cette opération le territoire des Etats-Unis. Cette vente va permettre aux américains d’avancer vers l’ouest, avancée qui ne peut se faire qu’au détriment des amérindiens, repoussés progressivement toujours plus à l’ouest. Les britanniques, qui voient en cette expansion une menace, vont tout faire pour faire échouer cette conquête de l’ouest. Les anglais tentent de favoriser une fédération indienne contre la poussée des colons.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/louisiane.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-161" title="louisiane" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/louisiane.jpg?w=300&#038;h=200" alt="louisiane" width="300" height="200" /></a><em>En achetant la Louisiane à la France, les États-unis doublent<br />
la superficie de leur pays et s&#8217;ouvrent une route vers l&#8217;ouest</em></p>
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<p style="text-align:justify;">L’un des nerfs d’influence est le fleuve Mississippi, seule voie par laquelle le commerce peut s’organiser à l’ouest des montagnes Appalaches. La Nouvelle Orléans et son port est un endroit de commerce capital. Au-delà de cette zone, c’est la mainmise sur la côte ouest qui intéresse. Plusieurs puissances s’y intéressent. Les Espagnols y ont installé des missions, sur toute l’étendue de la Californie actuelle. Les Anglais sont aussi en mesure de revendiquer le territoire, suite aux explorations du Capitaine James Cook. Il faut même compter sur les Russes, implantés en Alaska. Le président confie à un « corps de la découverte », commandé par les explorateurs Lewis et Clark, la mission de l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Carte_Lewis-Clark_Expedition-fr.svg" target="_blank">exploration des territoires de l’ouest </a>entre 1803 et 1806. Cette dynamique d’expansion menée par Jefferson ne fait pas l’unanimité. En intégrant de nouveaux états à l’ouest, les états de l’est perdent de plus en plus un pouvoir dilué dans la masse. On commence déjà à parler de sécession, alors que l&#8217;opposition originelle entre fédéralistes et républicains se calme. Le chef de l’opposition fédéraliste, Hamilton, décède lors d’un duel en 1804. Les républicains, en mettant au pouvoir Jefferson, deviennent bien malgré eux engagés dans la fédération américaine, puisqu’ils s’impliquent dans la direction de l’union.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-163" title="Lewis et Clark" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/lewis-et-clark.jpg?w=490" alt="Lewis et Clark"   /><em>Lewis et Clark</em></p>
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<p style="text-align:justify;">George Washington, dans son discours d’adieu à la fin de son deuxième mandat, avait prévenu les américains du danger des affaires européennes, dans lesquelles il en fallait pas, selon lui, s’impliquer. Les États-Unis ont bien suivi ses conseils jusqu’ici. En 1800, une convention signée à Mortefontaine déleste les États-Unis de leur engagement vis-à-vis de la France, noué lors de la guerre d’indépendance. La pression s’accroît toutefois en 1804 avec l’éclatement d’une guerre entre la France et l’Angleterre. Des problèmes se posent pour la neutre Amérique qui pratique le commerce avec les deux belligérants. Le blocus entrave le commerce transatlantique. La <em>Royal Navy </em>emploie la force pour contrôler les navires « neutres » américains. Les tensions s’exacerbent, malgré la volonté pacifique de Jefferson, qui profite des difficultés britanniques pour décider en 1807 de l’embargo total des produits américains. Le président veut par là obliger les anglais à assouplir leur blocus. Mais l’embargo n’a pas l’effet escompté et la Grande Bretagne, trop peu dépendante des produits américains, ne fait aucun geste. La colère monte chez les commerçants de la Nouvelle Angleterre qui souffrent de cet embargo. Thomas Jefferson, en 1809, finit par mettre fin à l’embargo, juste avant la fin de son second mandat. Si l&#8217;embargo n’a pas permis de faire valoir sur les mers les droits américains, il aura au moins eu le mérite de favoriser le développement de l’industrie ; beaucoup d’entreprises sont nées, notamment dans le textile, pour réaliser les produits qu’on ne pouvait plus faire importer.</p>
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<p style="text-align:justify;">James Madison succède à Thomas Jefferson à la présidence. La tension entre américains et anglais s’accroit lorsqu’il est révélé que les britanniques encouragent la rébellion indienne à la frontière nord-ouest. En juin 1812, James Madison soumet au Congrès une déclaration de guerre, qui est acceptée. L’opinion américaine est divisée à propose de ce que l’on appelle « la guerre de monsieur Madison », que l’on accuse de faire le jeu de Napoléon. L’ouest et le sud sont favorables à une guerre, mais pas les états de la côte atlantique, qui souhaitent surtout reprendre leurs activités commerciales sur l’Atlantique. Le pays n’est pas prêt pour la guerre avec son armée de 7000 hommes et sa flotte quasiment inexistante de 16 navires. Mais les américains misent sur le fait que les britanniques sont très absorbés par l’Europe napoléonienne. Dans un premier temps, les américains connaissent des succès au Canada, où ils mènent des opérations dans les régions des grands lacs et du nord ouest. Mais pendant l’été 1814, les britanniques sont libérés des guerres napoléoniennes et débarquent en masse sur le territoire américain pour affirmer leur supériorité. Les troupes anglaises brûlent le Congrès et la Maison Blanche à Washington mais échouent à Baltimore. On appelle parfois cette guerre « la seconde guerre d’indépendance » et comme pour la première, un général va s’illustrer par un coup de génie. Andrew Jackson, le 8 janvier 1815, réussit à battre à la tête de son armée bigarée et inférieure en nombre de miliciens la prestigieuse armée britannique, commandée par le général Peckenham, qui meurt pendant la bataille. A ce moment, la paix avait déjà été signée fin décembre 1814 à Gand, mais la nouvelle de l’éclatante victoire de Jackson arrive à Washington plus vite que celle du traité conclu entre les deux pays. Jackson est perçu comme le libérateur.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/bataille-de-la-nouvelle-orleans-par-percy-moran.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-164" title="bataille de la Nouvelle Orléans par Percy Moran" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/06/bataille-de-la-nouvelle-orleans-par-percy-moran.jpg?w=300&#038;h=208" alt="bataille de la Nouvelle Orléans par Percy Moran" width="300" height="208" /></a><em>La bataille de la Nouvelle-Orléans par E. Percy Moran</em></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/histoireusa.wordpress.com/152/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/histoireusa.wordpress.com/152/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/histoireusa.wordpress.com/152/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/histoireusa.wordpress.com/152/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/histoireusa.wordpress.com/152/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/histoireusa.wordpress.com/152/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/histoireusa.wordpress.com/152/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/histoireusa.wordpress.com/152/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/histoireusa.wordpress.com/152/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/histoireusa.wordpress.com/152/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/histoireusa.wordpress.com/152/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/histoireusa.wordpress.com/152/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/histoireusa.wordpress.com/152/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/histoireusa.wordpress.com/152/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=152&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">John Adams</media:title>
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		<title>Le développement du pays et la démocratie jacksonienne</title>
		<link>http://histoireusa.wordpress.com/2009/05/07/le-developpement-du-pays-et-la-democratie-jacksonienne/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2009 13:01:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerlando</dc:creator>
				<category><![CDATA[Incertitude et précarité]]></category>

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		<description><![CDATA[Première moitié du 19ème siècle, les États-Unis connaissent une double révolution, démographique et économique. C’est la ruée vers l’ouest. En 1810, 14% des américains vivent à l’ouest des Appalaches, en 1820, ils sont 23%. La conquête des nouveaux territoires est au cœur du développement états-unien. Ce développement est accompagné d’une croissance des moyens de transports. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=histoireusa.wordpress.com&amp;blog=7789246&amp;post=178&amp;subd=histoireusa&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Première moitié du 19ème siècle, les États-Unis connaissent une double révolution, démographique et économique. C’est la ruée vers l’ouest. En 1810, 14% des américains vivent à l’ouest des Appalaches, en 1820, ils sont 23%. La conquête des nouveaux territoires est au cœur du développement états-unien. Ce développement est accompagné d’une croissance des moyens de transports. De nouvelles routes macadamisées sont tracées entre 1800 et 1830. Dans le même temps, les bateaux à vapeur circulent de plus en plus nombreux sur l’Ohio, l’Hudson ou encore le Mississippi, la navigation est facilitée par la multiplication des canaux. En 1830, une première voie de chemin de fer est construite entre Baltimore et l’Ohio. Ce développement des transports est soutenu par les lois sur les grands équipements (international improvements) votées pour amplifier la construction de routes et de canaux. Le flux d’émigration vers les États-Unis reprend dès la fin des conflits napoléoniens, favorisé notamment par la baisse du coût du voyage transatlantique et les famines irlandaises. En 1790-1800, l’émigration européenne s’élève à 50 000 personnes, en 1810-1820, ce chiffre s’élève à 114 000. Les émigrants arrivent surtout dans les villes, renforçant une urbanisation déjà forte. Dans les grandes villes américaines d’alors, les américains de souche côtoient les américains nouveaux, nés sur sol étranger, sans se mélanger avec eux. Les émigrés se regroupent par quartiers en communautés ethniques, nationales et religieuses. D’une manière générale, la population double presque tous les vingt ans. En 1790, les États-Unis comptent quatre millions d’habitants, en 1810 environ sept et en 1830, treize millions. En 1810, New York compte  100 000 habitants et en 1860 un million, dix fois plus.</p>
<p style="text-align:justify;">Le sud du pays, jusqu’alors surtout cultivateur de tabac, profite de l’explosion de l’industrie textile du début du 19ème siècle. Les cotonnades se multiplient et font vivre l’économie américaine. La moitié des exportations du pays sont dues au coton. Les esclaves noirs travaillant dans l’agriculture sont recensés en 1850 et les chiffres témoignent de la prépondérance de cette économie : sur 2,5 millions d’esclaves, 1,8 millions cultivent le coton, 350 000 le tabac, 250 000 la canne à sucre et 125 000 le riz.</p>
<p style="text-align:justify;">En 1816, le Congrès accorde à la banque des États-Unis une seconde vie pour une durée de vingt ans, sur la proposition de Henry Clay, qui souhaite imposer un « système américain » par lequel on unifierait la nation par l’interdépendance des états. La même année, James Monroe succède à James Madison. Tous les deux sont des républicains virginiens. Les fédéralistes sont ancrés au pouvoir et une nouvelle opposition germe. C’est celle des « indépendants », qui accusent les républicains d’avoir adopté le modèle fédéraliste et soutiennent l’idée de la défense des états dans leur indépendance. Mais l’opposition n’est ni extrêmement virulente comme auparavant, ni nouée au cœur d’un réel désaccord idéologique ; c’est ce que l’on a appelé « l’ère des bons sentiments ».</p>
<p style="text-align:justify;">En 1818, les États-Unis négocient avec la Grande Bretagne afin de fixer la frontière avec le Canada. Et l’année suivante, en 1819, sous le prétexte d’une expédition menée par Andrew Jackson contre les indiens en Floride, le secrétaire d’état John Quincy Adams (le fils de John Adams) négocie avec l’Espagne la cession de la Floride. Les Etats-Unis s’affirment alors maitres de l’intégrité de leur territoire. La résistance aux puissances espagnole et anglaise était un défi à gagner depuis la fin du siècle dernier et les Etats-Unis semblent alors avoir vaincu des pressions.</p>
<p style="text-align:center;"><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/john_quincy_adams.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-182" title="John_Quincy_Adams" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/john_quincy_adams.jpeg?w=231&#038;h=300" alt="John_Quincy_Adams" width="231" height="300" /></a><em>John Quincy Adams</em></p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, la question de l’attitude à adopter face aux affaires européennes demeure et les sollicitations ne manquent pas. Les grecs appellent les américains à venir les aider à combattre les turcs. La Russie, partant d’Alaska, fait des incursions sur la côte est américaine. En Amérique du sud, plusieurs colonies espagnoles déclarent leur indépendance et l’on croit à l’intervention de l’Europe, au travers d’une Sainte Alliance (Russie, Autriche, Prusse) pour sauver la monarchie espagnole. C’est une crainte partagée par les britanniques qui proposent au Etats-Unis une déclaration commune de non ingérence dans les affaires américaines. Désireux de ne pas voir la Grande Bretagne recevoir la gloire de ce coup diplomatique, John Quincy Adams écrit en 1823 pour le président James Monroe ce que l’on va appeler plus tard « la doctrine Monroe », proclamant trois grands principes : le continent américain ne doit plus faire l’objet de colonisations européennes, l’Europe ne doit plus ingérer dans les affaires des pays indépendants d’Amérique et enfin, les Etats-Unis, de leur côté, n’entreront pas dans les conflits européens. Cette déclaration n’a pas d’effet en Europe où la Sainte Alliance ne se déclanche pas surtout par peur de la réaction britannique. Cependant, l’annonce a un impact positif sur l’opinion américaine, fière de cette affirmation d’orgueil national.</p>
<p style="text-align:center;"><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/doctrine-monroe.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-181" title="doctrine monroe" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/doctrine-monroe.jpg?w=300&#038;h=189" alt="doctrine monroe" width="300" height="189" /></a><em>James Monroe présentant sa doctrine par Clyde De Land</em></p>
<p style="text-align:justify;">« L’ère des bons sentiments » connue sous Monroe laisse rapidement place à un nouveau paradigme politique dont Andrew Jackson est un symbole. Cet homme, général très populaire en Amérique, se présente pour la première fois à la présidentielle en 1824. Il est défait par John Quincy Adams sur le fil et prépare dès lors son élection de 1828. On parle avec lui de « révolution démocratique ». Andrew Jackson est le premier président né dans l’ouest, au Tennessee. Jusqu’alors les présidents étaient issus de l’élite du nord est, des grandes familles ayant participé à la révolution et la guerre d’indépendance. Ces familles monopolisaient le pouvoir fédéral jusque les années 1820 et l’arrivée du suffrage universel (blanc et masculin). En 1824, Andrew Jackson et Henry Clay, représentants respectivement l’ouest et le sud, se présentent face à John Quincy Adams, de la Nouvelle-Angleterre. La victoire d’Adams est faible, et laisse présager un retournement de situation. En 1828, les participations à l’élection atteignent un chiffre record grâce aux efforts déployés pour la généralisation du suffrage. Et cette « popularisation » des élections permet à Jackson d’accéder à la présidence.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/andrew-jackson-thomas-sully.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-183" title="andrew jackson thomas sully" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/andrew-jackson-thomas-sully.jpg?w=247&#038;h=300" alt="andrew jackson thomas sully" width="247" height="300" /></a><em>Andrew Jackson par Thomas Sully</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">On a donné le nom du 7ème président des États-Unis à une période de l’histoire américaine : la démocratie jacksonienne, s’étalant sur deux mandats, de 1829 à 1837. C’est dans ce deuxième tiers du dix-neuvième siècle américains que surviennent d’importants changements dans la vie politique du pays. Tout d’abord, il y a un renforcement du pouvoir présidentiel ; Andrew Jackson utilise théâtralement et à de nombreuses reprises son droit de véto. En 1832, la Caroline du Sud s’oppose à la promulgation d’un tarif protectionniste. Andrew Jackson menace d’employer la force face à l’état et déclare qu’un état ne peut s’opposer à une loi fédérale ; c’est la crise de la nullification. Autres changements, l’émergence d’élections modernes. En 1836, il y a 57,8% d’électeurs, en 1840, 80%. Les chiffres de participation électorale sont impressionnants. Le droit de vote gagnant les couches populaires, des moyens de communication politique modernes se mettent en place : meetings, défilés, barbecues&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">L’opposition nationale-républicaine à Andrew Jackson pendant ses deux mandats est bigarrée mais se regroupe sous l’appellation « whigs », en référence au parti anglais s’opposant aux conservateurs tory. Les rangs des whigs sont composés par des partisans de la Banque des Etats-Unis, par des anti-maçons, des partisans de l’ancien président John Quincy Adams ou encore des fédéralistes. Les whigs appellent leurs opposants, les démocrates, qui soutiennent le président Jackson, des ânes. Ceux-ci acceptent le terme et prennent l’animal pour mascotte pour dénigrer l’intellectualisme des whigs.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/ane-democrate.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-184" title="ane democrate" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/ane-democrate.jpg?w=276&#038;h=300" alt="ane democrate" width="276" height="300" /></a><em>&#8220;Un âne vivant frappant un lion mort&#8221;<br />
Le symbole démocrate de l&#8217;âne remonte à la<br />
campagne présidentielle d&#8217;Andrew Jackson de 1828</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Pour Andrew Jackson, les indiens n’ayant pas su s’assimiler à la population américaine doivent être refoulés. En 1830, l’Indian Removal Act est promulgué et décide de la déportation des autochtones à l’ouest du Mississipi. Cette loi, adoptée par le Congrès, autorise le président à organiser la déportation. L’exode qui s’ensuite est destructeur, le voyage décime de nombreuses tribus. Un épisode de cette déportation est resté célèbre, il s’agit de la Piste des larmes ; c’est l’exode des indiens Cherokee qui perdent un quart de leur population sur le chemin menant au Mississippi. En 1838, il n’y a plus d’indiens à l’est du fleuve. Andrew Jackson, artisan de cet exode, est resté particulièrement impopulaire chez les amérindiens, qui refusent pour certains aujourd’hui encore d’échanger des billets de 20 dollars, à l’effigie de ce président.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/piste-des-larmes.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-185" title="piste des larmes" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/piste-des-larmes.jpg?w=300&#038;h=225" alt="piste des larmes" width="300" height="225" /></a><em>La piste des larmes par Robert Lindneux</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Un autre combat de Jackson est celui contre la banque des Etats-Unis, qu’il a décidé de faire fermer. Il accuse l’établissement de ne prêter qu’aux riches, de favoriser l’élite du nord-est au détriments des états du sud et de l’ouest et d’être un instrument de manœuvres politiques. Une demande de renouvellement de la charte de la banque est portée au congrès en 1832. Le Congrès accepte ce renouvellement mais Andrew Jackson pose son veto. Jackson fait transférer les fonds fédéraux de la banque dans 23 banques d’états différentes et a finalement raison de l’établissement. Jusqu’à la fin du 19ème siècle, les Etats-Unis auront du mal à réguler leurs finances et leur monnaie.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/caricature-banque-jackson.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-186" title="caricature banque jackson" src="http://histoireusa.files.wordpress.com/2009/07/caricature-banque-jackson.jpg?w=300&#038;h=200" alt="caricature banque jackson" width="300" height="200" /></a><em>Une caricature de Jackson terrassant les hommes d&#8217;affaire,<br />
brandissant l&#8217;acte d&#8217;abolition de la banque des Etats-Unis</em></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Dans la continuité de son combat contre l’aristocratie au pouvoir, Jackson décide de mettre en place le système des dépouilles (spoils system). Partant du principe que le président est élu au suffrage universel, son entourage, l’administration, doit lui être fidèle et aller dans le sens de sa politique. En conséquence, le président procède au remplacement des fonctionnaires en place par ses partisans. Coupant d’avec la tradition washingtonienne du « plus compétent », Jackson démocratise l’administration mais, revers de la méthode, laisse le champ libre à la corruption et à l’incompétence.</p>
<p style="text-align:justify;">
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